coyances

  • La Suisse entre ciel et terre

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    joseasreyes080800247.jpge « sacré », comme beaucoup de mots chargés d’histoire, est victime d’inflation sémantique. Il s’est affadi. Aux temps bibliques, il était encore l’attribut exclusif de Dieu, mais aujourd’hui, « sacré » s’applique à tout et n’importe quoi. Le café noir après le repas de midi, c’est « sacré », tout comme le cigare que l’on savoure en lisant son journal. Si dévaluées et superficielles qu’elles puissent paraître, de telles formules conservent cependant un reste de la signification originelle : quelque chose nous importe que l’on ne peut abandonner sans éprouver une perte essentielle. Est « sacré » ce qu’une collectivité ou un individu considère comme intouchable, constitutif de son identité, riche en émotions et en souvenirs ; sont sacrés l’objet ou le phénomène dont la disparition est ressentie comme une perte d’existence. C’est aussi ce qui promet le salut, ce qui est salutaire. Intangible, le sacré relève d’une sphère dont la rationalité échappe à la pensée positive propre à la modernité. En ce sens, il exige le respect ; car il est environné d’une aura, celle du numineux, de ce que l’on ne peut approcher ; il en émane le rayonnement de l’inaccessible. Ce que la société, en dernier ressort, classe dans le sacré, ce n’est pas la ratio qui le détermine, mais les besoins de l’inconscient, qui se dérobent à une analyse strictement intellectuelle…

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    Lien permanent Catégories : Religion 0 commentaire