30/08/2018

Une Suisse à 10 millions d'habitants

9426261-symbole-de-population-demographie.jpgAuparavant confinée au seul cercle des spécialistes, l’évolution démographique de la Suisse est désormais le sujet fréquent des discussions publiques et politiques. Diverses raisons expliquent cet engouement pour l’étude des populations suisses: avec le franchissement du cap symbolique des huit millions d’habitants en été 2012 se pose en effet la question de la population maximale que peut supporter le pays.

 

La suisse une croissance incontrôlable ?

Le sentiment de saturation des transports publics s’accroît dans les grandes agglomérations genevoise et zurichoise, au rythme de leur rapide développement, et suscite les débats.  En outre, la raréfaction des logements disponibles à des prix abordables se ressent dans les grandes villes. Par ailleurs, l’accroissement de l’immigration observé depuis 2002 alimente aussi les discussions sur la taille de la population suisse et sur un seuil démographique maximal. L’attention restera vive aussi longtemps que la croissance se poursuivra.

te%CC%81le%CC%81chargement.jpegPour certains, cette croissance est incontrôlable et conduit à des atteintes environnementales inacceptables. Le terme de « surpopulation » est articulé et suscite des réactions fortes : l’initiative populaire Ecopop qui demande de limiter la croissance démographique a ainsi recueilli près de 120000 signatures au début de la décennie 2010 et rencontré un écho favorable dans une partie de la population. L’immigration, principal facteur de la croissance, serait trop importante, en raison des tensions qu’elle génère au niveau des infrastructures et des risques qu’elle engendre pour la cohésion sociale. Mettre un frein à la migration garantirait, selon Ecopop, une meilleure qualité de vie.

Pour d’autres, la croissance démographique et l’immigration résultent d’une situation économique florissante et ralentissent le vieillissement de la population. Elles seraient une chance, une opportunité pour une Suisse privilégiée en comparaison d’autres pays voisins, même si cette évolution implique de nombreux défis économiques, sociaux et politiques.

Ces positions divergentes reflètent l’intensité du débat sur la taille idéale de la population et sur les politiques futures. Une population en augmentation, stabilisée ou en diminution ? Si les opinions sont variées, les réponses à cette question ne sont que rarement étayées d’études et de réflexions objectives, bien que des outils scientifiques soient disponibles, non seulement pour interpréter l’évolution démographique, mais aussi pour prévoir les tendances à venir, identifier les conséquences sociétales et définir les défis à relever.

Un vieillissement modéré

te%CC%81le%CC%81chargement-1-300x139.jpegFin 2012, la structure de la population suisse en fonction de l’âge est la suivante : 20,4% des habitants étaient âgés de moins de 20 ans, 62,2% de 20 à 64 ans révolus et 17,4% de 65 ans et plus. Ainsi, trois résidents sur cinq sont en âge d’exercer une activité professionnelle. Cependant, cette part diminue régulièrement au profit des âgés du fait du vieillissement de la structure démographique qui s’observe depuis plus d’un siècle. Ainsi, en 1948, au moment de l’introduction de la rente du premier pilier (rente AVS), le pays dénombrait 6,5 personnes en âge de cotiser (de 20 à 64 ans) pour un retraité (65 ans et plus). Aujourd’hui, le rapport est de 3,6 actifs pour un retraité et il sera de 2,8 en 2030.

Cependant, le vieillissement démographique, mesuré d’après le nombre de retraités pour chaque personne en âge d’exercer une activité (rapport de dépendance), est plutôt faible en Suisse, comparé à la situation des Etats voisins. Selon les données d’Eurostat, la Suisse dénombrera 27 personnes âgées de 65 ans et plus pour 100 personnes âgées de 15 à 64 ans en 2015, soit une valeur inférieure à celle de l’UE-28 (28,5). L’Italie (33,1 retraités pour 100 actifs) et l’Allemagne (32,5) présenteront les niveaux européens les plus élevés.

Ainsi que l’indique la pyramide des âges en Suisse (figure ci-dessous), les générations en vie aujourd’hui sont de taille très variable. Les générations du baby-boom sont très étoffées, en particulier celles nées au début des années 1960, qui se situent désormais en seconde moitié de vie active. Ces cohortes ont bénéficié d’un nombre élevé de naissances, mais aussi d’un apport migratoire important. Un tiers de la génération de 1964 est ainsi né à l’étranger. A l’opposé, les cohortes d’enfants, situées à la base de la pyramide des âges, sont moins garnies.

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Cet article traitant de la croissance démographique Suisse n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète du sujet.

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978-2-88915-085-4.pngPour en savoir plus : Cet ouvrage offre une documentation précise sur les différents phénomènes démographiques, leurs causes et leurs conséquences. En partant des évolutions passées, l’auteur analyse les principaux enjeux démographiques présents et futurs, et propose plusieurs pistes permettant de répondre aux défis de la croissance. 

 

A lire aussi : Qu'est ce qui fait la Suisse d'aujourd'hui ?

Qu'est-ce qui fait la Suisse d'aujourd'hui?

images-300x147.jpegAuparavant confinée au seul cercle des spécialistes, l’évolution démographique de la Suisse est désormais le sujet fréquent des discussions publiques et politiques. Diverses raisons expliquent cet engouement pour l’étude des populations suisses: avec le franchissement du cap symbolique des huit millions d’habitants en été 2012 se pose en effet la question de la population maximale que peut supporter le pays

1850-2010: Une démographie galopante

Un siècle et demi de croissance Suisse

te%CC%81le%CC%81chargement.jpegUne mise en perspective est nécessaire afin de mieux appréhender les spécificités de la croissance démographique suisse. A la constitution de l’Etat fédéral en 1848, la Suisse comptabilisait 2,4 millions d’habitants. Depuis, le pays a connu une évolution contrastée, avec des périodes de croissance forte et d’autres, plus rares, de relative stabilité. Seules deux périodes de courte durée ont été marquées par une diminution de la population (en 1918 et entre 1975 et 1978, figure suivante). A la fin du 19e siècle, la Suisse compte trois millions d’habitants, et il faut attendre 35 ans pour qu’elle atteigne le seuil des quatre millions (1927), puis 29 années supplémentaires pour dépasser les cinq millions (1956). Durant la seconde moitié du 20e siècle, sous l’effet de la hausse des naissances observée dans la période de l’après- guerre (le baby-boom) puis d’une forte migration, la population s’accroît à un rythme plus rapide, pour atteindre six millions d’habitants en 1968, puis sept millions en 1995. Dix-sept ans suffisent ensuite pour arriver à huit millions d’habitants en 2012.

La figure suivante présente sous la forme de barres les taux d’accroissement pour la période comprise entre 1860 et 2012. Ces taux prennent en compte la croissance naturelle (différence entre les naissances et les décès) et la croissance migratoire (différence entre les immigrants et les émigrants), représentées également sur la figure. Quatre épisodes de forte croissance (dépassant 10‰) sont identifiables.

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Le premier correspond aux années 1880 à 1910, marquées à la fois par une fécondité élevée et des flux migratoires plutôt importants: en 1910, on dénombre déjà près de 15% d’étrangers en Suisse.

Le deuxième est celui du baby-boom, et s’étend de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’au milieu des années 1960. Il se caractérise certes par un nombre élevé de naissances, mais aussi par une immigration massive : en 1961, le solde migratoire (différence entre le nombre d’entrants et le nombre de sortants) dépasse pour l’unique fois dans l’Histoire de la Suisse le seuil des 100000 personnes.

Plus court, le troisième épisode prend place entre 1985 et 1995 et s’explique principalement par les flux migratoires, plus précisément par l’arrivée massive de réfugiés de pays marqués par des crises politiques (pays des Balkans, Turquie et Sri Lanka) ainsi que des travailleurs de l’Europe du Sud (péninsule Ibérique).

Enfin, le quatrième épisode commence au début des années 2000 et perdure encore. Il est quasi exclusivement dû à la migration de proximité, issue de l’Europe communautaire, dont les causes et les conséquences seront détaillées plus loin. En 2008, le solde migratoire atteint l’effectif de +98200, une valeur qui avoisine le record de 1961. La migration internationale a progressivement pris de l’ampleur et représente aujourd’hui le principal facteur d’évolution démographique. Depuis 1970, la natalité joue pour sa part un rôle plus modeste, quoique toujours positif, dans la croissance.

Un taux de croissance plus important que ses voisins européens

Le rythme d’accroissement actuel de la population suisse, qui augmente d’environ 80000 personnes chaque année (soit un taux de croissance supérieur à 10‰), diverge de ce qui est observé dans la plupart des pays européens. Selon les estimations pour l’année 2013, sur le Vieux Continent, seuls Chypre (15‰), la Turquie (12‰), l’Irlande (12‰) et le Luxembourg (11‰) affichent un taux supérieur à celui observé en Suisse. Les pays limitrophes présentent pour leur part une croissance beaucoup plus faible, à l’instar de la France (5‰) et de l’Italie (3‰). La population est stabilisée en Autriche, mais elle diminue en Allemagne (–2‰). La Suisse se distingue des pays voisins sur un plus long terme également. Depuis 1950, la population a augmenté de 60%, contre 20% en Allemagne et en Autriche, et 50% en France. L’expansion de la population suisse a été plus forte que celle enregistrée pour l’ensemble du monde industrialisé, bien qu’elle reste plus faible que celle mesurée aux Etats-Unis (90%).

images-1.jpegCette évolution s’inscrit dans le contexte de la transition démographique, une théorie qui explique la baisse universelle de la mortalité et de la natalité. Le décalage entre le rythme de déclin de la mortalité et de la natalité conduit à une croissance naturelle, le nombre des naissances étant supérieur à celui des décès (solde naturel positif). Depuis les années 1960 cependant, l’effet «transition» s’est estompé et l’apport naturel a progressivement diminué. Il reste cependant positif, mais plus faible (de l’ordre de 2‰ contre 5 à 10‰ jusqu’en 1965), comme on peut l’observer à la figure ci-dessus. En revanche, la migration internationale est devenue le principal facteur de l’évolution démographique.

Cette migration trouve sa source dans une conjoncture économique et une stabilité politique favorables. Elle s’explique aussi par un effet purement démographique, observable au cours des années 1960 et de la première décennie 2000. En effet, à la fin des années 1950, les générations peu nombreuses de l’avant- guerre arrivent sur le marché du travail. Comme leur effectif ne suffit pas à satisfaire la demande de main-d’œuvre, les actifs qui font défaut en Suisse sont recrutés à l’étranger. Quarante ans plus tard, ce phénomène de migration de remplacement s’observe à nouveau : les générations nées entre 1970 et 1985 étant peu étoffées, l’économie doit faire appel à des étrangers pour disposer des compétences faisant défaut en Suisse.

Les dates clés de l'évolution démographique Suisse

Le tableau suivant résume les dates-clés de l’évolution démographique de la Suisse et illustre les changements observés. La natalité connaît une forte diminution à la fin du 19e et au début du 20e siècle, pour atteindre un plancher de 62500 naissances en 1937. Cette même année, le nombre moyen d’enfants par femme passe pour la première fois sous le seuil de 2. Cependant, à la fin de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1965, le baby-boom entraîne une hausse du nombre des naissances culminant à 113 000 en 1964 (2,6 enfants par femme). Par la suite, ce chiffre chute rapidement (moins de 72 000 en 1978, soit 1,5 enfant par femme). Quant à la mortalité, elle diminue régulièrement sur l’ensemble des 160 années, si l’on excepte quelques crises sanitaires dont la plus marquante est la grippe espagnole de 1918.

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A lire aussi : Une Suisse a 10 millions d'habitants

Extrait du titre Une Suisse à 10 millions d'habitants 
De Philippe Wanner 
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

28/08/2018

Manger Suisse, entre globalisation et relocalisation

te%CC%81le%CC%81chargement-3-2.jpegSynonyme de qualité et de tradition, cette indication de provenance s’associe selon les cas à des préoccupations d’écologie, de durabilité ou de conditions sociales. Mais comment garantir cette spécificité nationale: est-ce l’origine des matières premières qui doit primer, ou le lieu de leur transformation?

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La marque «Suisse» fait-elle vendre?

te%CC%81le%CC%81chargement-7-1.jpegSynonyme de qualité et de tradition, cette indication de provenance s’associe selon les cas à des préoccupations d’écologie, de durabilité ou de conditions sociales. Mais comment garantir cette spécificité nationale: est-ce l’origine des matières premières qui doit primer, ou le lieu de leur transformation?

 

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La fraude fiscale vielle comme l'impôt

t%C3%A9l%C3%A9chargement-1-1.jpgFaire l’histoire de la fraude fiscale, c’est faire celle de l’impôt. «La fraude est à l’impôt ce que l’ombre est à l’homme», aurait dit le Président Pompidou. Le conflit entre créancier et débiteur de l’impôt est programmé depuis les origines. L’impôt est aussi difficile à percevoir qu’à payer. L’histoire est traversée par la violence des percepteurs comme par la résistance de leurs tributaires.

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Le fisc Américain ou l'organisation qui fit tomber les banques suisses

images-3.jpgIl faut méconnaître profondément la société américaine pour tenter, comme banque, d’accroître ses parts de marché en attirant de nouveaux clients par des propositions d’aide à la soustraction fiscale. Chaque année, la division criminelle du fisc américain (IRS Criminal Investigation) publie un rapport d’une cinquantaine de pages, disponible sur Internet depuis 2012, et présentant en quelque sorte les «prises de l’année». Ces dernières années, les affaires des poursuites en justice des banques Suisses et européennes ont fait coulé beaucoup d'encres.

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11/07/2017

Aménager le territoire, oui mais comment ?

te%CC%81le%CC%81chargement.jpegL’aménagement du territoire touche les intérêts les plus divers et est au coeur de nombreux débats publics. Son but consiste à maintenir et créer des conditions spatiales favorables à l’épanouissement de la vie individuelle et sociale, tout en protégeant les ressources naturelles. Il est donc particulièrement intéressant de connaître le cadre général dans lequel il s’inscrit en Suisse, et ses particularités.

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08/06/2017

La suisse, exemple carcéral en Europe ?

détention,occupation carcérale,peine privative de liberté,prison suisse,suisse,système carcéral,système carcéral suisseDans l’imaginaire collectif, la prison évoque un univers inquiétant de bâtiments grisâtres entourés de murs, un monde fermé de couloirs et de parloirs abritant des individus que la justice a mis à l’écart de la société. Cette image correspond-elle à la réalité? 

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09/11/2016

Regard suisse : La Restauration de 1814

Le gateau des Rois, Congrès de vienne 1815.jpegLa Restauration, bien des images y sont associées. Dans son sens politique, ce terme sert surtout à désigner le retour de la dynastie des Stuart sur le trône britannique, à la fin du XVIIe siècle. Après la révolution et l'empire, le terme est utilisé pour évoquer le rétablissement des bourbons et l'époque de règne qui s'ensuit (1814-1848, ou 1830 seulement). Qu'en est-il en Suisse en 1914 ? Après des années d'occupation française, après la première chute de Napoléon, qu'en est-il de l'acte de médiation ? Peut-on parler de Restauration de la Suisse et de ses principes ?

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11/05/2015

Suisse-UE

16523616-human-face-painted-with-flag-of-european-union.jpgL’histoire semble se répéter depuis plus de 65 ans. Au fond, une majorité de Suisses ne veut pas adhérer à l’Union européenne. Et pourtant, la Suisse refuse une marginalisation. Donc la trame de la relation Suisse-UE se résume à une seule formule: adhésion improbable, marginalisation impossible. Le plus étrange est qu’à chaque fois on semble le redécouvrir. Le sujet est néanmoins plus spectaculaire et plus paradoxal qu’il n’y paraît à première vue. Effectivement, le cas de la Suisse est loin d’être banal. Il s’agit du seul pays européen d’importance qui refuse de manière constante une adhésion à l’Union européenne.

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24/06/2014

L’enseignement supérieur : un enjeu majeur

13841704-business-students.jpgL’enseignement supérieur est-il un enjeu majeur pour nos sociétés ?A cette question certains Etats hésitent, d’autres encore répondent par la négative, considérant qu’en regard des dépenses le retour sur investissement est lent, mal mesurable. De fait, nombreux sont les Etats dont la politique montre que l’enseignement supérieur n’est pour eux qu’un luxe coûteux. Leurs priorités sont ailleurs. Sans exception, là où l’emporte ce constat désabusé et où l’enseignement supérieur s’est dégradé, le déclin est engagé : en Europe, il n’est que de citer l’Italie ou l’Espagne, pays aux économies difformes, pays mal développés, en voie accélérée d’appauvrissement pour le second.

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15/12/2013

La montagne suisse en politique

La Suisse est un petit pays de grandes montagnes. Les faits s’imposent avec la force des évidences indiscutables, même si tout n’est pas montagne dans ce petit pays, loin de là.Ces montagnes étaient là bien avant que la Suisse existe et il a fallu faire avec elles des siècles durant. Toutefois, malgré cette évidence, là n’est pas la principale singularité de la Suisse. Après tout, de nombreux pays dans le monde sont aussi faits de montagnes, parfois plus abondantes et plus hautes encore. Ce qui frappe en Suisse, et ce qui en constitue une des spécificités, c’est surtout l’importance politique de la montagne.

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10/07/2013

Quelle survie pour les éleveurs laitiers?

 

1596028.jpgFrédéric P. est songeur ce matin. Cet éleveur de Suisse romande contemple les vaches qui déambulent pour la première fois dans la nouvelle étable. Il a attendu longtemps ce moment et tout n’a pas été facile. Le troupeau avait beaucoup manqué sur le domaine pendant ces quelques années.

Mettre en commun les vaches avec l’associé, les regrouper là-bas, dans son étable, était certes une bonne décision, mais avoir sa propre ferme sans vaches à l’écurie, ce n’est pas pareil. Et puis, n’avoir plus qu’un seul troupeau entre associés, c’est tout partager, tout discuter, faire des concessions, parfois devoir s’imposer un peu. Il n’est pas toujours facile de s’entendre quand on a travaillé chacun à sa façon pendant de nombreuses années. Aucun des deux n’avait anticipé ce problème, mais les difficultés ont été surmontées finalement.

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23/11/2012

Le « Sonderfall » entre obsolescence et obstination

> Interview de René Schwok

14755791-switzerland--circa-1957-stamp-printed-by-switzerland-shows-who-emblem-circa-1957.jpgCette étude porte sur la politique extérieure de la Suisse depuis la fin de la Guerre froide. Sa problématique principale est une évaluation du Sonderfall helvétique. Est-il en voie d’obsolescence ou plus obstiné que jamais ?

Le « Sonderfall suisse » – de l’allemand Sonder désignant ce qui est séparé – se réfère à l’observation que la Suisse constitue un « cas particulier ». En politique extérieure comparée, cette formulation, quoique souvent floue, cherche surtout à relever la capacité de la Confédération à se tenir à l’écart des grands évènements européens : guerres, révolutions, intégration régionale, crises économiques et sociales. Elle vise aussi à souligner ses particularités comme sa neutralité, sa démocratie directe, son fédéralisme et ses spécificités économiques (particulièrement bancaires).

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22/10/2012

Climat, environnement et genre humain

> TSR – L’interview de Martin Beniston

5277274-the-time-is-now-to-act-on-a-distress-s-o-s-call-from-our-planet-earth.jpgLe changement climatique et plus spécifiquement la notion de réchauffement global est un thème de préoccupation scientifique entré dans le domaine de la conscience publique au début des années 1990. La sévérité des impacts potentiels de ce changement, en particulier dans les pays en voie de développement, a incité les gouvernements à lancer des actions internationales pour aborder ce problème. La Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (uNFCCC) a été négociée en 1992 lors de la Conférence de Nations unies sur l’Environnement et le Développement (uNCED, rio de Janeiro, Brésil) malgré le grand nombre d’incertitudes, inhérentes à la connaissance à cette époque des mécanismes complexes gérant le climat. Bien que les rencontres internationales ultérieures visant à mettre en œuvre les articles de la Convention cadre (uNFCCC) n’aient fait que de très lents progrès, comme par exemple le protocole de Kyoto de 1997 proposant un calendrier pour la réduction des émissions des gaz à effet de serre, il existe néanmoins un degré de prise de conscience sans précédent au sein de la communauté des Nations sur le fait que le changement climatique est un véritable problème aux conséquences d’une portée considérable sur les systèmes environnementaux et socio-économiques.

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30/11/2010

La faune suisse disparaît

.tetras_munier_m.jpgSi l’on ne considère que les groupes bien connus, le constat est implacable : 1272 espèces animales sont menacées en Suisse. Pire encore : chaque année une espèce animale disparaît. Depuis 1875, date du premier texte de loi fédérale sur la protection de la faune, 134 des 2728 espèces pour lesquelles il existe suffisamment de données historiques ont déserté le territoire helvétique, soit 5 % de cette partie connue. Et chez les autres groupes ? Face à cette régression généralisée, il n’y a aucune raison de croire qu’ils aient été épargnés. Selon cette proportion, ce n’est pas une, mais vingt espèces qui disparaissent peut-être annuellement.

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Les réalités helvétiques transfigurées…

picturelake070400013.jpgEn 1815, un étudiant d’Oxford, John Milford, émit le voeu d’écrire un livre sur son récent voyage en Suisse. Son vieux professeur le mit en garde : « Le sujet est épuisé ; faites-moi confiance, Monsieur, ça n’ira pas. » Le jeune homme négligea cet avis et bourra deux gros volumes de lieux communs. On y trouve pêle-mêle des remarques sur l’histoire et la politique des cantons, sur le sublime et sur tout ce qui est factice dans les Alpes, avec des anecdotes pas très intéressantes sur les moeurs des autochtones rencontrés en chemin.

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