30/08/2018

Une Suisse à 10 millions d'habitants

9426261-symbole-de-population-demographie.jpgAuparavant confinée au seul cercle des spécialistes, l’évolution démographique de la Suisse est désormais le sujet fréquent des discussions publiques et politiques. Diverses raisons expliquent cet engouement pour l’étude des populations suisses: avec le franchissement du cap symbolique des huit millions d’habitants en été 2012 se pose en effet la question de la population maximale que peut supporter le pays.

 

La suisse une croissance incontrôlable ?

Le sentiment de saturation des transports publics s’accroît dans les grandes agglomérations genevoise et zurichoise, au rythme de leur rapide développement, et suscite les débats.  En outre, la raréfaction des logements disponibles à des prix abordables se ressent dans les grandes villes. Par ailleurs, l’accroissement de l’immigration observé depuis 2002 alimente aussi les discussions sur la taille de la population suisse et sur un seuil démographique maximal. L’attention restera vive aussi longtemps que la croissance se poursuivra.

te%CC%81le%CC%81chargement.jpegPour certains, cette croissance est incontrôlable et conduit à des atteintes environnementales inacceptables. Le terme de « surpopulation » est articulé et suscite des réactions fortes : l’initiative populaire Ecopop qui demande de limiter la croissance démographique a ainsi recueilli près de 120000 signatures au début de la décennie 2010 et rencontré un écho favorable dans une partie de la population. L’immigration, principal facteur de la croissance, serait trop importante, en raison des tensions qu’elle génère au niveau des infrastructures et des risques qu’elle engendre pour la cohésion sociale. Mettre un frein à la migration garantirait, selon Ecopop, une meilleure qualité de vie.

Pour d’autres, la croissance démographique et l’immigration résultent d’une situation économique florissante et ralentissent le vieillissement de la population. Elles seraient une chance, une opportunité pour une Suisse privilégiée en comparaison d’autres pays voisins, même si cette évolution implique de nombreux défis économiques, sociaux et politiques.

Ces positions divergentes reflètent l’intensité du débat sur la taille idéale de la population et sur les politiques futures. Une population en augmentation, stabilisée ou en diminution ? Si les opinions sont variées, les réponses à cette question ne sont que rarement étayées d’études et de réflexions objectives, bien que des outils scientifiques soient disponibles, non seulement pour interpréter l’évolution démographique, mais aussi pour prévoir les tendances à venir, identifier les conséquences sociétales et définir les défis à relever.

Un vieillissement modéré

te%CC%81le%CC%81chargement-1-300x139.jpegFin 2012, la structure de la population suisse en fonction de l’âge est la suivante : 20,4% des habitants étaient âgés de moins de 20 ans, 62,2% de 20 à 64 ans révolus et 17,4% de 65 ans et plus. Ainsi, trois résidents sur cinq sont en âge d’exercer une activité professionnelle. Cependant, cette part diminue régulièrement au profit des âgés du fait du vieillissement de la structure démographique qui s’observe depuis plus d’un siècle. Ainsi, en 1948, au moment de l’introduction de la rente du premier pilier (rente AVS), le pays dénombrait 6,5 personnes en âge de cotiser (de 20 à 64 ans) pour un retraité (65 ans et plus). Aujourd’hui, le rapport est de 3,6 actifs pour un retraité et il sera de 2,8 en 2030.

Cependant, le vieillissement démographique, mesuré d’après le nombre de retraités pour chaque personne en âge d’exercer une activité (rapport de dépendance), est plutôt faible en Suisse, comparé à la situation des Etats voisins. Selon les données d’Eurostat, la Suisse dénombrera 27 personnes âgées de 65 ans et plus pour 100 personnes âgées de 15 à 64 ans en 2015, soit une valeur inférieure à celle de l’UE-28 (28,5). L’Italie (33,1 retraités pour 100 actifs) et l’Allemagne (32,5) présenteront les niveaux européens les plus élevés.

Ainsi que l’indique la pyramide des âges en Suisse (figure ci-dessous), les générations en vie aujourd’hui sont de taille très variable. Les générations du baby-boom sont très étoffées, en particulier celles nées au début des années 1960, qui se situent désormais en seconde moitié de vie active. Ces cohortes ont bénéficié d’un nombre élevé de naissances, mais aussi d’un apport migratoire important. Un tiers de la génération de 1964 est ainsi né à l’étranger. A l’opposé, les cohortes d’enfants, situées à la base de la pyramide des âges, sont moins garnies.

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Cet article traitant de la croissance démographique Suisse n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète du sujet.

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978-2-88915-085-4.pngPour en savoir plus : Cet ouvrage offre une documentation précise sur les différents phénomènes démographiques, leurs causes et leurs conséquences. En partant des évolutions passées, l’auteur analyse les principaux enjeux démographiques présents et futurs, et propose plusieurs pistes permettant de répondre aux défis de la croissance. 

 

A lire aussi : Qu'est ce qui fait la Suisse d'aujourd'hui ?

Qu'est-ce qui fait la Suisse d'aujourd'hui?

images-300x147.jpegAuparavant confinée au seul cercle des spécialistes, l’évolution démographique de la Suisse est désormais le sujet fréquent des discussions publiques et politiques. Diverses raisons expliquent cet engouement pour l’étude des populations suisses: avec le franchissement du cap symbolique des huit millions d’habitants en été 2012 se pose en effet la question de la population maximale que peut supporter le pays

1850-2010: Une démographie galopante

Un siècle et demi de croissance Suisse

te%CC%81le%CC%81chargement.jpegUne mise en perspective est nécessaire afin de mieux appréhender les spécificités de la croissance démographique suisse. A la constitution de l’Etat fédéral en 1848, la Suisse comptabilisait 2,4 millions d’habitants. Depuis, le pays a connu une évolution contrastée, avec des périodes de croissance forte et d’autres, plus rares, de relative stabilité. Seules deux périodes de courte durée ont été marquées par une diminution de la population (en 1918 et entre 1975 et 1978, figure suivante). A la fin du 19e siècle, la Suisse compte trois millions d’habitants, et il faut attendre 35 ans pour qu’elle atteigne le seuil des quatre millions (1927), puis 29 années supplémentaires pour dépasser les cinq millions (1956). Durant la seconde moitié du 20e siècle, sous l’effet de la hausse des naissances observée dans la période de l’après- guerre (le baby-boom) puis d’une forte migration, la population s’accroît à un rythme plus rapide, pour atteindre six millions d’habitants en 1968, puis sept millions en 1995. Dix-sept ans suffisent ensuite pour arriver à huit millions d’habitants en 2012.

La figure suivante présente sous la forme de barres les taux d’accroissement pour la période comprise entre 1860 et 2012. Ces taux prennent en compte la croissance naturelle (différence entre les naissances et les décès) et la croissance migratoire (différence entre les immigrants et les émigrants), représentées également sur la figure. Quatre épisodes de forte croissance (dépassant 10‰) sont identifiables.

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Le premier correspond aux années 1880 à 1910, marquées à la fois par une fécondité élevée et des flux migratoires plutôt importants: en 1910, on dénombre déjà près de 15% d’étrangers en Suisse.

Le deuxième est celui du baby-boom, et s’étend de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’au milieu des années 1960. Il se caractérise certes par un nombre élevé de naissances, mais aussi par une immigration massive : en 1961, le solde migratoire (différence entre le nombre d’entrants et le nombre de sortants) dépasse pour l’unique fois dans l’Histoire de la Suisse le seuil des 100000 personnes.

Plus court, le troisième épisode prend place entre 1985 et 1995 et s’explique principalement par les flux migratoires, plus précisément par l’arrivée massive de réfugiés de pays marqués par des crises politiques (pays des Balkans, Turquie et Sri Lanka) ainsi que des travailleurs de l’Europe du Sud (péninsule Ibérique).

Enfin, le quatrième épisode commence au début des années 2000 et perdure encore. Il est quasi exclusivement dû à la migration de proximité, issue de l’Europe communautaire, dont les causes et les conséquences seront détaillées plus loin. En 2008, le solde migratoire atteint l’effectif de +98200, une valeur qui avoisine le record de 1961. La migration internationale a progressivement pris de l’ampleur et représente aujourd’hui le principal facteur d’évolution démographique. Depuis 1970, la natalité joue pour sa part un rôle plus modeste, quoique toujours positif, dans la croissance.

Un taux de croissance plus important que ses voisins européens

Le rythme d’accroissement actuel de la population suisse, qui augmente d’environ 80000 personnes chaque année (soit un taux de croissance supérieur à 10‰), diverge de ce qui est observé dans la plupart des pays européens. Selon les estimations pour l’année 2013, sur le Vieux Continent, seuls Chypre (15‰), la Turquie (12‰), l’Irlande (12‰) et le Luxembourg (11‰) affichent un taux supérieur à celui observé en Suisse. Les pays limitrophes présentent pour leur part une croissance beaucoup plus faible, à l’instar de la France (5‰) et de l’Italie (3‰). La population est stabilisée en Autriche, mais elle diminue en Allemagne (–2‰). La Suisse se distingue des pays voisins sur un plus long terme également. Depuis 1950, la population a augmenté de 60%, contre 20% en Allemagne et en Autriche, et 50% en France. L’expansion de la population suisse a été plus forte que celle enregistrée pour l’ensemble du monde industrialisé, bien qu’elle reste plus faible que celle mesurée aux Etats-Unis (90%).

images-1.jpegCette évolution s’inscrit dans le contexte de la transition démographique, une théorie qui explique la baisse universelle de la mortalité et de la natalité. Le décalage entre le rythme de déclin de la mortalité et de la natalité conduit à une croissance naturelle, le nombre des naissances étant supérieur à celui des décès (solde naturel positif). Depuis les années 1960 cependant, l’effet «transition» s’est estompé et l’apport naturel a progressivement diminué. Il reste cependant positif, mais plus faible (de l’ordre de 2‰ contre 5 à 10‰ jusqu’en 1965), comme on peut l’observer à la figure ci-dessus. En revanche, la migration internationale est devenue le principal facteur de l’évolution démographique.

Cette migration trouve sa source dans une conjoncture économique et une stabilité politique favorables. Elle s’explique aussi par un effet purement démographique, observable au cours des années 1960 et de la première décennie 2000. En effet, à la fin des années 1950, les générations peu nombreuses de l’avant- guerre arrivent sur le marché du travail. Comme leur effectif ne suffit pas à satisfaire la demande de main-d’œuvre, les actifs qui font défaut en Suisse sont recrutés à l’étranger. Quarante ans plus tard, ce phénomène de migration de remplacement s’observe à nouveau : les générations nées entre 1970 et 1985 étant peu étoffées, l’économie doit faire appel à des étrangers pour disposer des compétences faisant défaut en Suisse.

Les dates clés de l'évolution démographique Suisse

Le tableau suivant résume les dates-clés de l’évolution démographique de la Suisse et illustre les changements observés. La natalité connaît une forte diminution à la fin du 19e et au début du 20e siècle, pour atteindre un plancher de 62500 naissances en 1937. Cette même année, le nombre moyen d’enfants par femme passe pour la première fois sous le seuil de 2. Cependant, à la fin de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1965, le baby-boom entraîne une hausse du nombre des naissances culminant à 113 000 en 1964 (2,6 enfants par femme). Par la suite, ce chiffre chute rapidement (moins de 72 000 en 1978, soit 1,5 enfant par femme). Quant à la mortalité, elle diminue régulièrement sur l’ensemble des 160 années, si l’on excepte quelques crises sanitaires dont la plus marquante est la grippe espagnole de 1918.

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A lire aussi : Une Suisse a 10 millions d'habitants

Extrait du titre Une Suisse à 10 millions d'habitants 
De Philippe Wanner 
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

Le jury du Prix Roberval désigne le meilleur livre de l'enseignement supérieur

gagnant-300x171.jpgLa 30e édition du Prix Roberval s’est achevée, le 16 janvier 2018, par la remise du Prix Enseignement Supérieur à l’Institut de France (Paris 6e) dans la « grande salle des séances ».

Après une cérémonie où science et culture sont harmonieusement mêlées, le Prix Roberval Enseignement Supérieur a été décerné au TGC 18 - Mécanique des sols et des roches - de Laurent Vulliet, Lyesse Laloui et Jian Zhao, publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes. Le Prix Roberval 2017 consacre ainsi cette œuvre comme le meilleur livre d'enseignement supérieur en langue française.

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Prix Roberval 2017, catégorie Enseignement supérieur, à l’Institut de France © Académie des Sciences 2018 

 

Le Prix Roberval est un concours international francophone qui récompense des œuvres littéraires, audiovisuelles ou multimédias consacrées à l'explication de la technologie.

La mécanique des sols et la mécanique des roches sont des disciplines généralement traitées séparément dans la littérature.

Pour la première fois, un traité réunit ces deux spécialités, en intégrant également les connaissances en lien avec les écoulements souterrains et les transferts thermiques. A la fois théorique et pratique, cet ouvrage propose tout d’abord une description détaillée de la nature et de la composition des sols et des roches, puis s’attache à la modélisation de problèmes aux conditions limites et présente les essais permettant de caractériser les sols et les roches, tant d’un point de vue mécanique qu’hydraulique et thermique.


La problématique des sols non saturés et des écoulements multiphasiques est également abordée. Une attention particulière est portée aux lois de comportement mécanique et à la détermination de leurs paramètres par des essais in situ et en laboratoire, et l’ouvrage offre également une présentation détaillée des systèmes de classifications des sols et des massifs rocheux, ainsi que du comportement des fondations, des pressions sur les écrans, de la stabilité des pentes et du comportement des cavités souterraines.

Spécifiquement conçue dans un esprit d’ingénierie, cette référence sans équivalent se réfère aux normes les plus récentes, et ceci dans une perspective internationale. Elle s’adresse tout autant aux professionnels de la construction, aux ingénieurs géotechniciens, aux géologues et aux responsables de laboratoires d’essais sur les géomatériaux qu’aux étudiants en génie civil, géologie, mécanique, sciences de la terre, ingénierie des mines, environnement et pédologie.

Toutes nos félicitations aux auteurs, le Professeur Laurent Vuillet, le Professeur Lyesse Laloui et le Professeur Jian Zhao!

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Déconstruction: des matériaux qui valent de l'or

12_lr-244x300.pngLe réemploi des éléments de construction est aujourd’hui devenu une ambition dans de nombreuses politiques publiques en matière de gestion des ressources. Les principes d’urban-mining, de métabolisme urbain et de bouclage des flux de matériaux s’installent progressivement dans les esprits et les pratiques, mais de nombreux défis techniques, législatifs, sociaux et culturels freinent encore l’évolution des usages vers un modèle d’économie véritablement « circulaire » pour le secteur de la construction.

Le réemploi, une pratique utilisées depuis des milliers d'années

Durant des siècles, les pratiques de réemploi des matériaux étaient omniprésentes dans le secteur du bâtiment.

À l’époque où le transport prenait du temps et dépendait de sources d’énergie humaine et animale, tout ce qui était à portée de main était bienvenu. Les édifices désaffectés faisaient office de carrières de matériaux pour la construction ou l’ornementation. Les blocs de pierre pouvaient être redécoupés, les briques réemployées telles quelles, le bois de charpente scié et redimensionné, l’acier et le bronze fondus et réutilisés.

te%CC%81le%CC%81chargement-2-300x127.jpegDe hauts niveaux de réemploi, de recyclage et d’autres formes de valorisation ont ainsi existé depuis les temps les plus reculés. Les archéologues qui étudient Stonehenge, par exemple, ont montré que les mégalithes qui forment cet ensemble ont été taillés des centaines d’années avant que les travaux ne commencent sur le site actuel. Ils ont émis l’hypothèse que ces pierres avaient d’abord été utilisées dans une structure plus proche de la carrière d’origine. Ces découvertes prouvent que Stonehenge est, selon leur formule, « un monument de seconde main »

Le 20e siècle signale une rupture soudaine dans ce domaine.

Basculement des pratiques

En 1910, à Bruxelles, un chantier en particulier fait retentir une note discordante au sein des procédures qui semblaient couler de source depuis un siècle au moins. Il s’agit de la caserne Sainte-Elisabeth, un ancien couvent occupant tout un îlot de la Rue des Sables. Lors de la mise en adjudication pour la démolition de cet édifice, l’adjudicataire a eu la mauvaise surprise de constater que les prix remis par les entrepreneurs soumissionnaires pour le rachat des matériaux ne permettaient même pas de financer le démantèlement.

En peu de temps, beaucoup de choses ont changé. L’augmentation de la pression foncière est l’un de ces facteurs. Le temps mais aussi l’espace disponibles de- viennent des facteurs importants. On voit également poindre une situation plus congestionnée. L'évacuation d'un important volume de matériaux devient problématique, tout comme le fait de prévoir la place pour une installation temporaire de nettoyage des briques ou de stockage des matériaux.

Dans les grandes métropoles du monde, un basculement important est en train de s’amorcer. Jusqu’alors, les démolitions étaient un poste du chantier qui rapportait de l’argent. Elle deviennent progressivement un poste qui augmente les coûts du chantier. Cette transformation connaît une accélération soudaine dans le contexte frénétique d’emballement économique qui précède le crash boursier de 1929.

L'exemple de New York

Vers 1920, écrit Byles, le démantèlement des bâtiments à New York était encore largement réalisé par des ouvriers professionnels.

te%CC%81le%CC%81chargement-5.jpegMais vers la fin des années 1920, de telles pratiques tendent à disparaitre du paysage new-yorkais. Byles décrit à ce propos le chantier de démolition de l'hôtel Majestic en 1929. Situé le long de Central Park, les promeneurs peuvent assister pendant quelques semaines, non sans un certain effroi, à des scènes violentes où des ouvriers démolissent à la masse des salles de bains en marbre et brisent volontairement des fenêtres pour jeter les gravats directement versés dans la mer et l'intérieur de l'hôtel en bois de rose, en acajou ou en noyer noir sont évacués comme bois de chauffage.

Les entrepreneurs en démolition vivent alors sous la coupe d'un nouveau régime : celui du système des pénalités de retard et des bonus pour une démolition achevée avant le délai. Ces primes et pénalités élevées font émerger une nouvelle figure de démolisseur : les champions de la vitesse.

Les bouleversements décrits ci-dessus ont la ville de New York pour décor. Mais ces transformations des pratiques de démolition se répercutent également dans nos contrées. Les nouvelles méthodes de travail et les nouveaux outils qui com- posent l’arsenal des démolisseurs voyagent rapidement d’un côté à l’autre de l’océan.

Le réemploi mis à mal à la fin des années 1900

te%CC%81le%CC%81chargement-1.jpegL’augmentation de la pression foncière propre aux zones urbaines denses a également poussé les propriétaires à effectuer les travaux de transformation de leurs biens le plus rapidement possible. Dans un contexte où le prix des loyers est largement supérieur à celui de la matière, il n’y a pas – ou peu – d’incitants poussant les propriétaires à mettre en place des mécanismes de récupération et de revente.

Le rôle des autorités publiques a également connu des transformations importantes. Nous avons montré comment, jusqu’à la fin du 19e siècle, celles-ci pouvaient stimuler une forme d’entrepreneuriat via l’organisation de ventes publiques de leur patrimoine matériel voué à l’évacuation. De tels mécanismes ne fonctionnent bien sûr que dans un contexte où ces opérations offrent une promesse de rentabilité.

Cet article traitant de l'historique du réemploi des matériaux issus de démolition n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète .

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978-2-88915-239-1-211x300.jpgPour en savoir plus : Rassemblant des chercheurs et des concepteurs spécialisés dans les questions d’économie matérielle, ce livre présente ici un état des lieux sans précédent du réemploi des matériaux de construction. Il expose les obstacles qui subsistent, les solutions permettant d’y remédier, illustre le propos d’exemples remarquables et replace cette pratique dans sa dimension historique. Fruit d’une expérience internationalement reconnue, notamment dans le cadre de Rotor Deconstruction, entreprise active dans la valorisation d’éléments de construction de réemploi, cette référence fait également le point sur les dimensions et les perspectives économiques de cette pratique.

Extrait du titre Déconstruction et réemploi
De Michaël GhyootLionel DevliegerLionel Billet et André Warnier
Collection Architecture 
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

Comment évaluer un bien immobilier ?

te%CC%81le%CC%81chargement-1-1.jpegVous êtes acheteur ou vendeur ? Ne vous faites plus avoir et mettez vous au courant des pratiques en terme de vente immobilière. Tout «bon» rapport d’expertise peut donner l’illusion au lecteur non averti que l’évaluation immobilière est une science exacte. Loin s’en faut. Les caractéristiques des biens et les particularités du marché immobilier induisent une multiplicité de concepts, d’approches, de méthodes, de techniques et de résultats qu'il serait bon de connaitre.

La quête du prix probable

Commençons donc par éviter le flou du terme valeur en utilisant dorénavant l’expression prix probable pour désigner le montant pour lequel un immeuble X changerait de propriétaire s’il était mis en vente dans des conditions normales (la traditionnelle valeur vénale). À l’origine, le présent ouvrage a été conçu pour guider l’expert dans sa quête du prix probable.

te%CC%81le%CC%81chargement-1.pngLorsqu’il doit estimer le prix probable de l’immeuble X, l’expert se tourne naturellement vers le marché. Après tout, s’il s’agissait d’estimer le prix d’un lingot d’or ou d’une action Nestlé, on ouvrirait rapidement la page boursière de son quotidien préféré. Si des immeubles semblables ont récemment été échangés à tel prix, celui-ci devrait s’échanger au même prix. Il suffit alors à l’expert d’observer les prix payés sur le marché pour répondre à la question posée. C’est l’estimation directe du prix probable, celle qui semble la plus objective. On la trouve dans de nombreuses expertises et dans tous les manuels, habituellement sous les termes de valeur par comparaison (ce qui est maladroit parce que les autres méthodes d’évaluation reposent également sur des comparaisons).

Mais deux immeubles identiques, cela n’existe pas. L’hétérogénéité des biens est la principale source des difficultés rencontrées par l’expert. Elle l’oblige à ajuster les prix du marché en fonction des caractéristiques des biens échangés et de l’immeuble X, des ajustements souvent ardus et périlleux. La collecte de toute l’information nécessaire est souvent impossible, les calculs comportent forcément une part de subjectivité et le résultat de l’ajustement est, par conséquent, un peu aléatoire.

Estimation directe

L’estimation directe (statistique) a, de surcroît, le défaut de ne pas vraiment expliquer le prix estimé pour le bien immobilier. L’expert estime que l’immeuble X se vendrait pour tel prix probable parce que des immeubles semblables ont été échangés à des prix proches, mais faute de comprendre les déterminants de ces prix, il est impossible de prédire comment le prix probable de l’immeuble X évoluera.

te%CC%81le%CC%81chargement-12.jpegÀ la recherche d’un ancrage plus solide, on arrive rapidement au prix de reconstruction. Pourquoi les acheteurs accepteraient-ils de payer plus pour l’immeuble X que le coût de construction d’un immeuble identique? Cette comparaison est une première illustration des arbitrages qui sont au cœur de cet ouvrage. Il y en a d’autres, tels que l’arbitrage entre acheter l’immeuble pour placer son capital et le placer dans un autre actif. Ou l’arbitrage entre acheter l’immeuble X pour l’occuper et prendre un autre immeuble en location. Sans oublier l’arbitrage entre acheter l’immeuble X et en acheter un autre, qui donne sa justification théorique à l’estimation directe puisqu’il implique que deux objets semblables devraient s’échanger à des prix semblables (les différences de prix étant uniquement les reflets des différences de qualité).

images-1-300x120.jpegLes manuels et les experts sont habituellement muets sur le sujet. Pourtant, ces arbitrages apportent une justification aux autres méthodes usuelles d’estimation du prix probable – la méthode dite de la valeur intrinsèque pour l’arbitrage avec la construction, la méthode dite de la valeur de rendement pour l’arbitrage avec un autre placement ou la location d’un autre bien.

Les arbitrages avec les alternatives des acheteurs conduisent à fixer autant de limites supérieures au prix probable de l’immeuble X. Lorsque l’expert en calcule plusieurs, l’usage veut qu’il fasse une moyenne de ces limites, en surpondérant celle qu’il préfère ou qui lui inspire le plus confiance, pour « découvrir » le prix probable.

En vérité, c’est la limite la plus basse qui détermine le prix auquel on peut espérer vendre l’immeuble X, puisqu’aucun acheteur ne devrait accepter de payer plus que ce que lui coûterait l’alternative la plus avantageuse. Et n’oublions pas que le vendeur doit aussi être d’accord, donc que la vente de l’immeuble X doit aussi être intéressante pour lui.

L’estimation reposant explicitement sur les arbitrages exige une analyse plus fine des acteurs en présence. Il faut déterminer les exigences du propriétaire et les prix demandés par les autres propriétaires avec lesquels il est en concurrence sur le marché immobilier. Il faut également mieux identifier les acheteurs potentiels de l’immeuble X et la façon dont eux comparent les alternatives plutôt que de supposer une sorte d’acheteur moyen non défini.

Le prix acceptable

images.jpegNous utiliserons l’expression prix acceptable pour désigner le montant contre lequel un propriétaire accepterait de céder son bien ainsi que le montant qu’un acheteur accepterait de payer pour acquérir un bien. Pour le vendeur, il s’agit d’un prix minimum ou plancher, pour l’acheteur d’un prix maximum ou plafond. Chaque acheteur aboutit à un prix acceptable différent parce que chacun effectue les comparaisons (procède aux arbitrages) selon ses propres critères. À la fin, ce sont les acheteurs qui aboutissent aux prix acceptables les plus élevés qui vont se faire concurrence pour acheter le bien et donc déterminer le prix. La confrontation sur le marché de tous ces prix acceptables détermine le prix de transaction. Dès lors, une troisième approche pour estimer le prix probable passe par l’analyse fine des prix acceptables des acteurs en présence et de leur confrontation.

Pour conclure voici le graphique traduisant les notions évoqués plus haut :

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Cet article traitant du sujet : "La recherche du prix probable d'un immeuble" n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète .

978-2-88915-200-1-200x300.jpgPour en savoir plus : Ce livre présente les différentes méthodes d’évaluation des immeubles. Son originalité vient d’une mise en relation et d’une appréciation des différentes méthodes dans le cadre d’une réflexion globale sur la formation des prix immobiliers. Réticents aux «recettes miracle», les auteurs sont remontés aux sources de ces méthodes afin de guider le praticien dans le choix des outils appropriés à son mandat. L’ouvrage montre ainsi comment la comparaison avec les prix du marché, l’analyse financière et la connaissance des coûts de construction – les trois piliers de l’évaluation immobilière – peuvent servir l’expert dans sa quête du prix probable ou du prix acceptable pour son client. Au final, le lecteur percevra clairement les différences et les points communs entre les diverses méthodes d’évaluation, ainsi que les conditions dans lesquelles chacune d’elles peut être utilisée.

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Extrait du titre Les secrets de l'expertise immobilière
De Philippe Favarger et Philippe Thalmann
Collection Construction: économie, droit 
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

Qu'est-ce qui fait le succès du franc suisse ?

te%CC%81le%CC%81chargement-29-300x160.jpegQu'est-ce qui fait le succès de notre franc suisse ? L’histoire d’un pays, de son peuple et de ses institutions est intéressante parce qu’elle nous permet de tirer des enseignements pour le présent. Mais elle revêt une importance bien plus fondamentale en ce sens que le présent reflète des événements du passé sous de multiples facettes. De nombreux éléments tirés de l’histoire monétaire suisse peuvent se révéler d’une aide précieuse pour apprécier d’importantes questions se posant actuellement.

Les décisions de nos parents, de nos grands-parents et de leurs ancêtres, au même titre que les événements qui ont marqué leur époque respective, sont à l’origine du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Ainsi, le présent et le passé sont liés, et il n’est guère possible de comprendre le premier autrement qu’à la lumière du second.

Il est toutefois pertinent et légitime de se demander, au-delà de ce constat, quelles conclusions et quels enseignements concrets nous pouvons tirer de l’histoire aujourd’hui. Certes, le monde est en mutation perpétuelle et les problèmes du présent se distinguent toujours par l’un ou l’autre aspect de ceux du passé. Maintes interactions n’en demeurent pas moins relativement constantes sur de longues périodes, et nombre de questions reviennent de manière récurrente, mais sous une forme légèrement différente. C’est pourquoi l’histoire a sans conteste des enseignements à nous livrer.

Il s’agit en particulier des domaines suivants :

  • le rôle de la stabilité politique, budgétaire et sociale dans le succès d’une monnaie;
  • l’interdépendance entre la stabilité monétaire, la stabilité financière et la stabilité de l’économie réelle ;
  • les avantages et les inconvénients des systèmes monétaires métallique et fiduciaire ;
  • les avantages et les inconvénients de la concurrence et du monopole dans la mise à disposition de monnaie et de services financiers ;
  • le rôle d’une banque centrale dans les systèmes monétaires métallique et fiduciaire, ainsi que l’importance de la stabilité monétaire en tant que principal objectif de la politique de l’institut d’émission sous un régime fiduciaire ;
  • le rôle de l’indépendance de la banque centrale par rapport à la politique et aux groupes d’intérêt sociaux ;
  • les avantages et les inconvénients des cours de change fixes et flottants, ainsi que l’importance de la souveraineté monétaire.

Historique du Franc Suisse

L’histoire d’un pays, de son peuple et de ses institutions est intéressante parce qu’elle nous permet de tirer des enseignements pour le présent. Mais elle revêt une importance bien plus fondamentale en ce sens que le présent reflète des événements du passé sous de multiples facettes.

La consolidation du pays sur les plans politique et social ainsi que ses succès économiques croissants ont favorisé la transformation du franc suisse en une monnaie de placement autonome, forte et d’importance internationale. La volonté marquée d’indépendance, mais aussi de stabilité budgétaire et monétaire, qui a toujours caractérisé la Suisse par rapport à d’autres pays, a joué un rôle crucial à cet égard.

Dans un contexte social et économique fragile, il est difficile de construire et de préserver un ordre monétaire stable. Que la Suisse ait été épargnée des affres de la guerre depuis un siècle et demi – grâce à un bon sens politique et à d’heureuses circonstances – a bien sûr aussi fortement contribué à la constitution du capital de stabilité et de confiance dont jouit le franc suisse aujourd’hui.

Concurrence et monopole dans le domaine monétaire

Au fil des ans s’est imposée l’idée que la monnaie présente les caractéristiques d’un bien public ayant de forts effets de réseau et qu’elle tend donc naturellement à la centralisation et au monopole. Les théoriciens de la monnaie partagent largement cette conception aujourd’hui. L’histoire monétaire de la Suisse en est la parfaite illustration. Après son introduction en 1850, le nouveau franc suisse s’est imposé rapidement et sans difficulté comme monnaie nationale. Le passage de l’imbroglio monétaire, qui prévalait jusque-là, à un système uniforme à l’échelle nationale répondait manifestement à un besoin impérieux. Il contribua durablement à l’efficacité du système monétaire et de paiement suisse ainsi qu’à la capacité de production de l’économie helvétique dans son ensemble.

Cet article traitant du franc suisse et de son historique n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète .

978-2-88915-104-2-212x300.jpgPour en savoir plus : Aujourd’hui, le franc suisse atteint des sommets et affiche une grande vigueur. Lors de sa création en 1850, rien ne laissait présager qu’il deviendrait, au cours des 150 années suivantes, l’une des monnaies les plus fortes et les plus prisées du monde. Durant le premier demi-siècle de son existence, il est resté un faible appendice du franc français. Ce n’est qu’au fil du XXe siècle qu’il est devenu, lentement mais sûrement, une monnaie de placement internationale, stable et recherchée. Cet ouvrage se propose de décrire l’itinéraire du franc suisse jusqu’à nos jours.

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Extrait du titre Le Franc Suisse, L'histoire d'un succès
De Ernst Baltensperger
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

Mourir - Que savons nous sur la mort ?

te%CC%81le%CC%81chargement-4-1.jpegLa mort, avec la naissance, est l’unique événement qui concerne, c’est inéluctable, tous les êtres humains.  Si nos connaissances sur le commencement de la vie sont multiples et précises, la mort, elle, reste un domaine encore largement inexploré.

Mais que savons-nous sur le « mourir », ce moment où la vie s’arrête ? Surprise, la plupart des questions restent ouvertes. A commencer par la plus importante : pourquoi mourrons-nous ?

Pourquoi mourrons-nous ?

te%CC%81le%CC%81chargement-2-1.jpegLa question n’est pas si banale. Recourant à des manipulations génétiques, des chercheurs ont réussi à prolonger, apparemment de façon illimitée, la vie d’organismes inférieurs – une algue par exemple. De leur côté, les théoriciens de l’évolution apportent une explication scientifique à la limitation de la durée de la vie biologique. Selon l’hypothèse dite de l’«ADN égoïste», tous les organismes vivants ne sont que des machines biologiques dont le but est de maximiser la transmission, la multiplication et le mélange de leur matériel génétique.

Si l’on suit ce raisonnement, la fonction bio-évolutive d’un organisme vivant s’épuise quand il a engendré le plus de descendants possibles et veillé à leur survie jusqu’à l’âge où ceux-ci sont à leur tour capables de se reproduire. Après quoi, cet organisme devient un concurrent de ses propres descendants pour l’accès à la nourriture, sans plus aucun avantage pour la diffusion de ses gènes. Il devrait alors disparaître le plus vite possible au profit de son espèce. De toute évidence cette logique ne s’applique plus à l’homme évolué.

Le processus d'autodestruction de notre corps

Si l’on sélectionne la rubrique « mort » dans l’index d’un manuel de physiologie, on trouve des informations, mais seulement sur la mort de cellules individuelles, celle de parties de tissus ou éventuellement celle d’organes.

te%CC%81le%CC%81chargement-1-2.jpegLa mort cellulaire a été très bien étudiée car elle joue un rôle déterminant dans le développement embryonnaire. Le processus physiologique de la mort cellulaire programmée est appelé apoptose : au cours de la croissance et de la différenciation des organes, des cellules sont formées en quantité superflue et se trouvent en concurrence pour une quantité limitée de facteurs de croissance. Les cellules surnuméraires sont naturellement écartées et meurent, mais pas « gratuitement » : elles activent des gènes d’autodestruction et précipitent leur fin au profit du reste de la collectivité.

Voilà qui confère un sens inattendu à l’ancien proverbe « media vita in morte sumus » (au milieu de la vie nous sommes entourés par la mort). La mort ne nous accompagne pas seulement dès notre naissance mais déjà bien avant celle-ci ; elle est la condition sine qua non pour que nous venions au monde sous la forme d’organismes viables.

LA MORT DES ORGANES et la régénération

On sait que des parties d’organe ou même des organes entiers peuvent mourir sans conséquence fatale pour l’organisme affecté. Une limitation de la circulation sanguine est la cause principale de la mort d’un organe ou d’une partie d’organe. C’est le cas lors d’un infarctus cérébral ou d’un infarctus du myocarde. L’autre cause, c’est un traumatisme, par exemple lorsque la rate se déchire ou se rompt. S’il le faut, on peut vivre sans rate, avec un seul rein ou un seul poumon. Mais on ne vit pas sans cœur ni sans cerveau ; l’organisme ne peut survivre que si ces deux organes n’ont subi que des lésions partielles.

images-2-1.jpegLes membres d’un organisme peuvent aussi mourir et être amputés sans que cela entraîne forcément la mort. De nombreuses espèces animales reconstituent des organes détruits voire des membres entiers par régénération. Cette capacité s’est toutefois réduite avec la spécialisation et la complexification des organes au cours de l’évolution. Chez l’être humain, le foie possède une grande capacité de régénération, la peau également. Des découvertes récentes ont montré que même le cerveau peut partiellement se régénérer après une lésion grâce aux cellules souches neuronales. Cette alternance entre la vie et la mort nous accompagne donc depuis notre conception jusqu’à notre décès.

LA MORT DE L’ORGANISME

La cause immédiate de la mort la plus souvent indiquée sur les certificats de décès est l’« arrêt cardio-respiratoire », c’est-à-dire l’arrêt de la fonction cardiaque et de la circulation sanguine. Qu’est-ce qui provoque vraiment la mort d’un organisme ? Quand survient-elle exactement ? Les études sont rares. Elles seraient pourtant très utiles, car les médecins sont souvent les premiers surpris par le déroulement du décès de leurs patients.

te%CC%81le%CC%81chargement-3-1-300x158.jpegPresque tous les médecins peuvent parler de patients qui ont continué à vivre un certain temps, démentant tous les pronostics cliniques. Plusieurs fonctions vitales de leur organisme étaient défaillantes, mais ils résistaient. Le cas inverse est aussi bien connu: des personnes très âgées et/ou gravement malades ne sont de loin pas en phase terminale, mais leur décès surprend les médecins qui ne réussissent pas à identifier une cause plausible, même avec une autopsie. Comment l’expliquer ?

Nous savons avec certitude que l’être humain ne meurt pas «d’un seul coup». Les organes s’épuisent à des vitesses et à des moments différents avant leur arrêt définitif.

En principe, la perte de la capacité fonctionnelle de chaque organe vital peut entraîner la mort. Sont concernés le cœur, les poumons, le foie, les reins et le cerveau. Tous les processus qui mènent au décès découlent d’une lésion directe ou indirecte d’un ou de plusieurs de ces organes vitaux. Sur le plan physiologique, on distingue donc cinq types de décès, cardio-vasculaire, pulmonaire, hépatique, rénale et cérébrale.

images-3-1-300x150.jpegDe nombreux décès résultent d’une combinaison de deux ou plusieurs de ces processus, par exemple lorsqu’une personne atteinte de démence avancée meurt d’une pneumonie. Il importe surtout de se souvenir que les décès sont tous liés à la défaillance d’un ou de plusieurs organes vitaux.

La mort et le succès de la médecine moderne

Etonnamment, beaucoup de similitudes rapprochent la naissance et la mort. Ces deux événements sont les seuls communs à tous les êtres humains et à tous les êtres vivants. Dans les deux cas, la nature a tout prévu : elle a pris des mesures pour que les processus physiologiques se déroulent le mieux possible.

Malheureusement la mort a aussi fait l’objet d’une médicalisation croissante durant la deuxième moitié du 20e siècle. Les succès époustouflants de la chirurgie et des soins intensifs ont fait naître un sentiment de toute-puissance dans le corps médical. Si bien que la mort finit par être considérée comme une ennemie et son arrivée est ressentie comme un échec, voire une vexation narcissique.

Expériences de morts imminentes

Les expériences de «mort imminente» intriguent. Ce phénomène est régulièrement commenté depuis longtemps, mythe ou réalité ? Plus récemment, des dizaines de livres et d’innombrables articles ont été consacrés à ce sujet.

te%CC%81le%CC%81chargement-30.jpegLes comptes rendus décrivent comment, sous narcose ou dans tout autre état troublé de la conscience, le sujet a la sensation d’être arraché de son corps et de pouvoir observer la situation de l’extérieur. Les témoignages narrent assez précisément les paroles, ainsi que les faits et gestes des personnes présentes (par exemple l’équipe chirurgicale). Une image revient souvent : celle d’un tunnel au bout duquel brille une forte lumière; des sujets y reconnaissent des parents décédés ou y associent des figures religieuses. Il règne une sensation de paix et de bien-être, si bien que les témoins disent souvent avoir trouvé pénible de « revenir » dans leur corps.

Il n’est pas possible de tirer des conclusions de ces expériences. Une explication neurophysiologique plausible de ce phénomène est avancée, mais elle reste controversée. Une chose est toutefois certaine : ceux qui ont approché ainsi la mort confient que désormais ils la redoutent moins et qu’ils sont plus calmes face aux épreuves. Leurs témoignages nous invitent donc à considérer ce phénomène sous un angle positif. Car tout ce qui diminue la frayeur de la mort aide les gens à vivre.

Cet article traitant d'une réflexion sur la fin de notre vie n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète .

978-2-88915-238-4-200x300.jpgPour en savoir plus : Ce livre est une invitation à réfléchir dans le calme et sans tabou à nos priorités, nos valeurs, nos convictions et nos espoirs, si possible dans un dialogue avec les êtres qui nous sont chers. Au cours de notre existence, ces réflexions restent rares et nous nous y consacrons souvent tardivement. C’est notre liberté de prendre, ici et maintenant, le temps nécessaire à cette introspection.

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Extrait du titre Mourir
De Gian Domenico Borasio
Collection Le Savoir suisse
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

 

Voyages dans le temps, apocalypse et vie dans l'espace

te%CC%81le%CC%81chargement-11-300x123.jpegDepuis l’an 2000, l’humanité s’est installée dans l’espace, bien que sa colonie n’ait jamais compté plus de dix personnes. La Station spatiale internationale est notre premier avant-poste extraterrestre, un satellite habité en orbite autour de la Terre. Mais l’idée qu’un jour les humains voyagent et résident dans d’autres parties de notre galaxie ne relève pas uniquement de la science-fiction.

Le progrès de nos connaissances

te%CC%81le%CC%81chargement-5-300x125.jpegParmi les raisons pour que l’humanité aille dans le cosmos, la plus importante est sans doute le progrès de nos connaissances sur l’univers et sur notre place en son sein. Mais ce n’est pas la seule. Le temps viendra peut-être où la Terre ne pourra plus héberger notre population grandissante. Pour survivre en tant qu’espèce – et protéger les formes de vies avec lesquelles nous partageons notre planète – cela deviendra une nécessité. L’espace est aussi rempli de matériaux utiles et de sources d’énergie, il peut nous offrir des ressources virtuellement illimitées. Mais avant que nous puissions en tirer profit, nous devrons accomplir de nombreux progrès culturels et technologiques.

Plus les vaisseaux que nous construirons seront rapides et puissants, et plus nous aurons des chances d’atteindre les étoiles. Le but serait qu’ils puissent transporter un équipage à travers l’espace à des vitesses approchant celle de la lumière. Cela aurait deux clairs avantages. Le plus évident est que le voyage prendrait moins de temps – il ne faudrait que quelques années pour atteindre les étoiles les plus proches.

https://www.youtube.com/watch?v=nVap_6L26XE

Une avancée remarquable

te%CC%81le%CC%81chargement-9.jpegDepuis que Youri Gagarine a accompli le premier voyage d’un être humain dans l’espace en 1961, nous sommes allés sur la Lune et des robots ont exploré Vénus et Mars. Nous avons examiné les astéroïdes les plus grands ; pris des photographies en gros plan de Jupiter et de ses lunes géantes ; navigué à travers les anneaux de Saturne et les jets glacés de son satellite Encelade ; pris des clichés détaillés d’Uranus et Neptune ; révélé la beauté glaciale de Pluton ; atterris sur une comète filant à toute allure vers le Soleil.

Notre exploration préliminaire du système solaire nous a bien préparés, et nous pouvons désormais sérieusement envisager l’implantation d’une colonie extraterrestre autonome. Mais à notre niveau technologique actuel, la construction d’un établissement sur un autre monde que la Terre soulève un nombre gigantesque de problèmes.

Apocalypse, risque de catastrophe globable

Les civilisations s’effondrent pour de nombreuses raisons : à cause d’une guerre et d’une invasion, de catastrophes naturelles, ou de la surexploitation et la dégradation de leur environnement. On appelle « risques de catastrophe globale » les dangers qui pourraient menacer notre civilisation moderne et globalisée dans un futur proche. Ils vont du plausible (une pandémie) au peu probable (l’impact d’un astéroïde).

te%CC%81le%CC%81chargement-10-300x149.jpegLe changement climatique est peut-être de la plus probable cause de l’écroule ment du monde moderne. Nous savons que le changement climatique est déjà à l’œuvre et que nos propres activités en sont à l’origine, c’est-à-dire les émissions de dioxyde de carbone (et de méthane) de l’industrie, de l’agriculture et des transports. La température moyenne globale va continuer à monter, en même temps que s’élèvera le niveau de la mer à cause de l’expansion thermique des eaux et de la fonte de la banquise

L’accès aux sources pérennes d’eau douce pourrait bientôt provoquer des bouffées de tensions géopolitiques – de même pour le pétrole et d’autres ressources naturelles prisées. Le futur n’est peut-être pas loin où se déclencheront les premières « guerres de l’eau ». Il est extrêmement difficile de prédire exactement la vitesse du changement climatique et ses effets locaux : l’atmosphère, les océans et les masses terrestres forment un système complexe de boucles de rétroactions.

Le risque c’est que le changement climatique soit si rapide que nos infrastructures ne puissent pas s’adapter et que la civilisation moderne s’écroule.

Téléportation et voyages dans le temps

Pour l'instant il va de soi que ces sujets appartiennent plus au domaine de la science fiction que du réel. Pourtant il n'était pas concevable il y a encore quelques centenaires de se déplacer à bord d'un avion ou encore de se rendre dans l'espace.

te%CC%81le%CC%81chargement-8-300x154.jpegL’idée essentielle de la téléportation est le transfert de la matière d’un point à un autre, sans qu’elle traverse l’espace physique entre les deux points. Depuis plus longtemps que vous ne pourriez le penser, il s’agit d’un thème récurrent des livres, films et jeux vidéo de science-fiction. Cette téléportation est possible au niveau quantique, c'est à dire au niveau de l'infiniment petit. Il est donc nécessaire de mettre au point une technologie à l'échelle de l'être humain... cela ne risque pas d'arriver dans les prochaines décennies, mais qui sait quels seront les avancées futurs de nos technologies.

Tandis que la téléportation repose sur des idées issues de la mécanique quantique – la théorie de la matière à très petite échelle – les voyages temporels font appel aux concepts de la théorie qui décrit l’Univers aux plus grandes échelles : la théorie de la relativité générale d’Einstein.

Cet article traitant de notre futur hypothétique n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète .

978-2-88915-240-7-205x300.jpgPour en savoir plus :  Allongement de la durée de vie, transhumanisme, menaces épidémique et environnementale, hyperconnexion des objets, omniprésence de l'intelligence artificielle, robots tueurs… Le paysage du futur est foisonnant, et parfois déstabilisant. Vous apprendrez entre autres de quelle façon une société peut se reconstruire après une éventuelle apocalypse, et qu'une omelette d'oeufs de tortue participe peut-être davantage à la préservation de la planète qu'à sa destruction. Aussi passionnant qu'instructif, ce livre modifiera votre vision du présent et de l'avenir.

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A lire aussi : Notre vie en 2050

Extrait du titre Ce que la science sait du monde de demain 
De Jim Al-Khalili 
Collection Quanto 
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

La fin de notre planète d'ici 6,5 Milliards d'années ?

te%CC%81le%CC%81chargement-300x158.jpegLa Terre est née il y a 4,5 milliards d’années, dans les températures extrêmes d’un nuage de gaz et de poussières. Son histoire extraordinaire est jalonnée de cataclysmes, de transformations profondes et de cycles successifs d’émergences et d’extinctions de masse, une évolution dont nous sommes aujourd’hui les témoins éphémères.

Seule certitude, le sort de la planète et de ses habitants préoccupe énormément nos contemporains, au moins son futur proche. Mais que peut-on s’imaginer raisonnablement de l’avenir immédiat de l’Homme sur la Terre ?

Le constat actuel: il ne se trouve aucune autre planète colonisable dans un laps de temps réduit. Dès lors, notre survie doit s’organiser sur notre bonne vieille Terre, dont les limites apparaissent clairement pour la première fois dans l’histoire de l’humanité. Notre planète est un vaisseau spatial à gérer ou tout au moins dont il faut permettre l’entretien des conditions de vie. A cette fin, il y a lieu d’exploiter nos ressources de manière rationnelle et mesurée, de contrôler notre développement démographique, de changer nos modes de vie orientés vers l’hyperconsommation et d’aller vers une plus grande justice distributive.

images-1.jpegNous aurions tout à redouter d’une éventuelle activité volcanique majeure, de type formation de trap ou encore supervolcan. En outre, dans quelques milliers d’années tout au plus, l’interglaciaire dans lequel nous nous trouvons depuis environ 10 000 ans devrait prendre fin, si toutefois les cycles de glaciations du dernier million d’années se poursuivent (nous devons cependant nous poser la question si les activités humaines ne pourraient pas perturber ces cycles; à suivre...). Dans l’éventualité d’une nouvelle glaciation, la civilisation moderne devra trouver des moyens de se maintenir dans un cadre géographique très défavorable et fortement réduit, ce qui ne s’annonce pas évident.

Le futur de la Terre à très long terme

Pour le très long terme, il est possible d’esquisser les grandes lignes du futur de la Terre. Une chose à peu près sûre est que les lointains descendants des vivants d’aujourd’hui – s’ils existent – devront trouver un moyen de quitter la Terre s’ils entendent prolonger leur odyssée temporelle. La Terre et le Soleil ont une fin et que les étapes majeures peuvent en être retracées. En voici les principales (les repères temporels indiqués sont bien sûr approximatifs; ils sont donnés par rapport au présent.

Dans les prochains 500 Ma : formation d’un nouveau supercontinent

te%CC%81le%CC%81chargement-6.jpegEntre 250 et 450Ma AP, un nouveau supercontinent va se reformer. Les êtres vivants vont alors être confrontés à une sérieuse dégradation des conditions de vie. A l’intérieur du supercontinent va se développer un climat très aride susceptible de limiter considérablement la vie. Si les terres se trouvent regroupées pour l’essentiel autour de l’équateur, les inlandsis peuvent disparaître, le niveau des océans devient plus haut et la circulation des eaux océaniques complètement différente de l’actuelle : il n’est pas sûr que les océans soient aussi bien brassés qu’aujourd’hui et qu’ils puissent aussi facilement y abriter la vie. De fait, certains chercheurs voient dans la formation d’un supercontinent la cause possible d’une extinction massive.

Dans un milliard d’années : la fin des plantes et des animaux

te%CC%81le%CC%81chargement-7.jpegD’ici 500 à 1000 Ma AP, la vie des plantes et des animaux arrivera à son terme. La montée en puissance du Soleil va faire s’élever la température à la surface de la Terre. Dans ces conditions, l’érosion des continents est appelée à s’accroître : l’altération des roches silicatées consommant du CO2 atmosphérique, la teneur de ce gaz essentiel à la vie des plantes s’amenuisera. L’effet conjugué de l’élévation de la température et de la baisse de la concentration en gaz carbonique provoquera le déclin puis la disparition des végétaux, suivie de près par l’extinction des animaux. En effet, les chaînes alimentaires basées sur la végétation se tariront, entrainant dans sa chute les chaines alimentaires basés sur ces dernières.

Comme il est facile de le voir, si le CO2 vient à manquer, la production d’oxygène n’est plus possible et toutes les formes d’oxydation sur la Terre viendront rapidement à bout des réserves d’O2. Ne disposant plus ni de ressources alimentaires suffisantes, ni d’oxygène renouvelable, soumis à des températures de plus en plus intenables et – plus d’oxygène, plus de couche d’ozone ! – à un rayonnement UV mortel sur les continents, les animaux ne survivront guère longtemps aux plantes.

Effet de serre humide

A la fin de l’ère des plantes et des animaux ne subsisteront plus que bactéries, archées, algues et champignons. La luminosité du Soleil sera 10% plus forte qu’aujourd’hui. La température atteindra 60 à 70 degré Celsius à la surface de la Terre. Dans ces conditions, la concentration de vapeur d’eau dans l’air pourra s’élever à 20%, ce qui déclenchera un effet de serre humide considérable. Il s’ensuivra une brutale hausse supplémentaire de température, de 10 à 20 degré Celsius en une centaine de millions d’années.

Cet effet de serre humide entraînera le retour de l’oxygène et même une suroxygénation massive : en effet, la vapeur d’eau atteindra la haute atmosphère en quantités massives et s’y dissociera sous l’effet du rayonnement UV intense du Soleil. L’hydrogène léger quittera la planète, l’oxygène plus lourd s’y maintiendra. La destruction de l’eau en altitude marquera le début de la fin pour les océans terrestres : l’intense évaporation entretenant la fuite de l’hydrogène signifiera une vidange rapide du réservoir océanique dans l’espace. Commençant vers 1000 Ma AP, la perte des océans pourrait durer d’une à quelques centaines de millions d’années. Ne survivront plus alors que des bactéries et archées extrémophiles appréciant les milieux aqueux chauds et sursalés.

Retour à une Terre entièrement minérale

te%CC%81le%CC%81chargement-2.jpegA supposer que les océans puissent s’évaporer relativement lentement, il se déclencherait vers 3 à 3,5 Ga AP, en conjugaison avec la montée en puissance du Soleil (50% plus lumineux qu’aujourd’hui), une accélération de l’effet de serre qui transformerait complètement la surface planétaire : cette dernière, uniquement rocheuse, désormais, se mettrait à fondre, la température atmosphérique pouvant dépasser 1000 degré Celsius ! A ce moment-là, il n’y aura bien évidemment plus aucune vie possible sur la Terre.

Mais si les océans s’évaporaient rapidement, évitant ainsi l’emballement de l’effet de serre, la vie pourrait peut-être se maintenir, dans certaines niches protégées, jusqu’au terme de la séquence principale du Soleil (à supposer que le système solaire ne soit pratiquement pas affecté par la collision entre la Voie Lactée et la galaxie d’Andromède).

Dans 4 milliards d’années : collision de notre galaxie avec la galaxie d’Andromède

Vers 4 Ga AP seproduira la collision de notre galaxie, la Voie Lactée, avec la galaxie d’Andromède, actuellement située à 2,2 millions d’années-lumière.

te%CC%81le%CC%81chargement-5-300x168.jpegCette collision, suivie sur un milliard d’années d’une réorganisation des galaxies fusionnées, pourrait aussi bien se passer sans perturbation majeure pour le système solaire que le disloquer ou l’éjecter, totalement ou en partie, dans l’espace intergalactique. Les conséquences pour notre planète peuvent donc être négligeables ou très importantes suivant le cas de figure.

Dans 6,5 milliards d’années : le Soleil devient une géante rouge et la Terre fond complètement

La fin de la séquence principale du Soleil est le moment où notre étoile aura consommé tout son hydrogène en son centre. Cela se produira vers 6,5 Ga AP. Le Soleil passera du stade d’étoile naine à celui de géante rouge. Enflant jusqu’à englober les orbites de Mercure et même de Vénus, le Soleil portera la Terre jusqu’à des températures de l’ordre de 2500 degré Celsius, ce qui la liquéfiera complètement.

Le Soleil se transforme en naine blanche

te%CC%81le%CC%81chargement-3.jpegA supposer qu’elle subsiste, notre planète passera de la fournaise à la froidure extrême : après un stade de géante rouge relativement court, où il se dépouillera de ses couches externes, le Soleil se transformera en une naine blanche de taille terrestre, comme une braise très chaude mais très réduite, dispensant peu d’énergie en comparaison du passé, et qui ira en se refroidissant inexorablement.

Cet article traitant du destin de notre planète n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète .

978-2-88915-210-0-200x300.jpgPour en savoir plus : Cet ouvrage s’attache à dépeindre les évènements majeurs qui, jusqu’à l’apparition de l’homme, ont marqué l’histoire de notre planète et de ses composantes de surface (vie, climat, paléogéographie, tectonique, etc.). Il expose les méthodes scientifiques qui ont permis de reconstituer cette évolution, fait le point sur les grands phénomènes récurrents comme les glaciations ou les extinctions, ainsi que sur l’histoire géologique particulière de l’Europe. Un épilogue esquisse enfin le destin inéluctable de la Terre, d’ici à quelques milliards d’années. Sans équivalent dans sa démarche synthétique et pédagogique, ce livre clair et accessible s’adresse tout autant aux étudiants de premier cycle universitaire et aux enseignants de lycée que, plus largement, à tous les passionnés des sciences. Ils y découvriront plus d’une vingtaine d’éclairages permettant d’approfondir différentes questions, une riche bibliographie, un lexique unique en son genre, un glossaire détaillé et des tableaux résumant l’essentiel.

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Extrait du titre Terre
De Michel Joye
Collection Focus 
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

Quel futur pour notre planète à l'horizon 2050?

images-2-300x158.jpegSavoir ce qui se produira demain, dans trois mois ou dans vingt ans, voici l'un des défis actuel de notre humanité. Comme la plupart des vérités qui vont sans dire, c’est une évidence, le monde change et évolue avec une vitesse qui ne fait que croître, notre planète aussi ! Alors, dans quel environnement vivrons-nous dans quelques années?

Une planète qui sature ?

L’un des facteurs majeurs du changement est aujourd’hui celui de la croissance démographique qui doit sa réalité aux progrès technologiques accomplis par l’homme. C'est indéniable, notre planète ne pourrait supporter ses 7,5 milliards d’habitants sans les évolutions que l’agriculture et la production de denrées alimentaires ont connues depuis le 19e siècle.

te%CC%81le%CC%81chargement-21-300x124.jpegIl n’est toutefois pas assuré que notre planète puisse supporter plus de neuf milliards de bouches à nourrir, comme le prévoient les projections pour 2050, sans le développement d’innovations importantes en matière de production agricole et alimentaire, et de gestion des ressources en eau. La sécurité alimentaire restera donc une question primordiale dans la perspective d’un avenir viable pour tous.

Actuellement 750 millions de personnes n’ont pas accès à des ressources suffisantes en eau potable. Elles pourraient être au nombre de trois milliards en 2025, les réservoirs naturels d’eau douce étant déjà surexploités dans les régions arides allant du Midwest américain à la grande plaine de Chine du Nord.

https://www.youtube.com/watch?v=nVap_6L26XE

Le changement de nos sociétés

En 2050, un tiers des habitants des pays développés seront sexagénaires ou plus, ce qui accentuera notamment la pression sur les systèmes de santé et réduira en proportion la part de la population active.

te%CC%81le%CC%81chargement-22-300x139.jpegCertains économistes balayent de la main les questions posées par une croissance démographique incontrôlée en pariant sur l’innovation et l’ingéniosité humaine pour résoudre le problème.

Les sociétés sont des écosystèmes complexes mais soumis aux mêmes règles que les autres : ce sont des réseaux imbriqués d’éléments en relation, ayant besoin d’énergie, combattant l’augmentation d’entropie, adaptables mais également vulnérables. La mise sur pied d’une véritable science de la durabilité est sans aucun doute le défi le plus important que nous aurons prochainement à relever. Sans celle-ci, le reste n’a guère d’importance. Après tout, notre présence dans l’univers n’a rien d’indispensable.

La mise sur pied d’une véritable science de la durabilité est sans aucun doute le défi le plus important que nous aurons prochainement à relever

Détruire le bateau sur lequel nous naviguons ?

Le monde naturel est sous le choc de l’impact global de l’homme. Devons-nous toutefois nous en soucier ? Est-il au fond si grave que nous perdions autant d’animaux, que nous ne croisons de toute façon pas ou presque jamais ?

te%CC%81le%CC%81chargement-23.jpegNous autres humains avons depuis toujours exploité les ressources de notre environnement que ce soit pour notre nourriture, notre énergie ou pour mille autres besoins. Nous le faisons d’ailleurs si bien que nous vivons plus longtemps, mieux que jamais, et que nous dominons désormais le monde. Par le passé, nos activités ont provoqué quelques extinctions locales, mais nous sommes à présent plus de 7 milliards et nous agissons à une telle échelle que nous menaçons les ressources mêmes dont nous dépendons.

Le changement climatique et son impact

Certes les observations du passé nous montrent que le climat terrestre a toujours changé, par exemple au cours du dernier million d’années, passant alternativement de périodes glaciaires à d’autres plus douces. Et si on remonte plus loin encore, on sait que la Terre était beaucoup plus chaude et le dioxyde de carbone plus abondant qu’aujourd’hui. Alors, pourquoi s’inquiéter ?

te%CC%81le%CC%81chargement-24-300x150.jpegLe changement que nous vivons diffère des précédents pour trois raisons. La première est celle de l’origine du changement. Notre climat se modifie parce que les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, en particulier de dioxyde de carbone (CO2), augmentent, et ce rapidement. Pour satisfaire les besoins voraces en énergie de nos industries et de nos modes de vie, nous exploitons du carbone fossile fixé depuis des millions d’années dans le charbon, le pétrole et le gaz, et que nous relâchons dans l’atmosphère durant la combustion.

Il ne fait aucun doute que le changement climatique nous affectera profondément à l’avenir, mais il faut rappeler que nous n’entrons pas aveuglément dans ces temps à venir. L’élaboration de modèles numériques simulant le climat terrestre et permettant d’anticiper l’évolution de la météo et du climat à partir des lois fondamentales de la physique est l’un des progrès scientifiques majeurs des 50 dernières années. Peu d’autres disciplines scientifiques regardent l’avenir avec la même confiance que celle aujourd’hui atteinte par les prédictions climatiques.

Cet article traitant de l'avenir de notre planète n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète .

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Extrait du titre Ce que la science sait du monde de demain
De Jim Al-Khalili
Collection Quanto
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

Quel est l'avenir de l'être humain?

te%CC%81le%CC%81chargement-300x168.jpegSavoir ce qui se produira demain, dans trois mois ou dans vingt ans, voici l'un des défis actuel de notre humanité. Comme la plupart des vérités qui vont sans dire, c’est une évidence, le monde change et évolue avec une vitesse qui ne fait que croître, notre planète aussi ! Alors, en quoi serons-nous différents et dans quelle mesure vivrons-nous différemment ?

L'avenir de la médecine

En l’état, les conseillers offrent des informations plutôt que des recommandations. Mais à mesure que les tests génétiques se banalisent, les options peuvent devenir plus complexes et les choix plus difficiles à arbitrer, plus encore si les traitements possibles sont limités. Voudriez-vous savoir si vous avez une prédisposition à une maladie incurable ? Comment réagiriez-vous aux résultats de tests dont l’incertitude reste élevée ?

te%CC%81le%CC%81chargement-1.jpegLes patients prendront de plus en plus le contrôle de leurs données et déposséderont progressivement les médecins de la responsabilité de décision. À l’avenir, il incombera à chacun de nous de gérer les risques sanitaires prédits par la science. Nous devrons choisir à quelle information nous souhaitons accéder et com- ment agir en conséquence. Ce qui signifie être en me- sure de peser le pour et le contre, et de faire un choix entre les bénéfices potentiels d’un traitement et les dommages que pourrait entraîner un diagnostic erroné.

https://www.youtube.com/watch?v=nVap_6L26XE

Des villes de plus en plus connectés

La structure de la société aura aussi une incidence sur notre santé. En 1970, seules deux villes dans le monde comptaient plus de 10 millions d’habitants : Tokyo et New York. Il existe aujourd’hui 37 mégalopoles de taille égale ou supérieure.

te%CC%81le%CC%81chargement-2-300x136.jpegNombre de leurs habitants vivent dans des conditions misérables et il est probable que la situation empirera encore à l’avenir. Les Nations Unies ont estimé que jusqu’à deux milliards de personnes vivront dans des bidonvilles en 2030.

Non seulement les villes grandissent, mais se connectent davantage entre-elles. Chaque jour, plus de 100 000 vols commerciaux relient les aéroports du monde entier. Ceci explique pourquoi l’épidémie de grippe de 2009 a pu faire le tour du monde en quelques semaines seulement, et comment la souche d’E. Coli résistante à la colistine, repérée pour la première fois en Chine à la fin de l’année 2015, a pu apparaître en Pennsylvanie quelques mois plus tard.

Si l’on considère les liaisons aériennes, alors certaines villes sont beaucoup plus proches les unes des autres que sur la carte.

L'accès et le partage des données plus rapide

En 2016, durant la guerre civile en Syrie, des chirurgiens hautement qualifiés ont guidé par webcam, depuis la Grande- Bretagne ou le Canada, des médecins locaux pour réaliser des interventions chirurgicales en zone de guerre. Avec les progrès constants de la réalité augmentée et de la robotique, des actes chirurgicaux complexes pourront bientôt être exécutés à distance.

te%CC%81le%CC%81chargement-3.jpegLe partage mondial des données facilitera également les traitements à domicile. Plutôt que de chercher à obtenir un rendez-vous avec leur médecin, les patients discuteront de leurs problèmes avec des logiciels de triage à base d’intelligence artificielle et, au besoin, bénéficieront de consultations « immersives » par réalité augmentée sans devoir quitter leur domicile.

Le trans-humanisme, la recherche d'un humain plus performant

Les trans-humanistes pensent que nous devrions améliorer radicalement l’être humain en utilisant les technologies de pointe de la pharmacologie, de l’ingénierie génétique, de la cybernétique et des nanotechnologies. En d’autres termes, nous devrions essayer de créer de nouveaux types d’humains améliorés par rapport à nous. Imaginez un monde futur habité par une nouvelle espèce de post-humains beaucoup plus heureux, vertueux et intelligents, dont les vies se mesureraient en siècles et non plus en décennies. C’est l’avenir que les trans-humanistes imaginent et auquel ils travaillent.

te%CC%81le%CC%81chargement-4.jpegL’allongement radical de l’espérance de vie est une aspiration probablement aussi vieille que l’humanité elle-même. Pourtant nous avons accompli peu de pro- grès dans ce sens. À l’heure où ces lignes sont écrites, la Française Jeanne Calment détient toujours le record de longévité humaine avec 122 ans (1875-1997). La science médicale a fait beaucoup pour élever la durée de vie moyenne des êtres humains mais n'a guère fait avancer la longévité maximale.

En théorie il sera possible de maintenir un corps humain en vie indéfiniment pourvu que nous réparions et remplacions ses cellules et organes, par exemple en employant la technologie des cellules-souches. En utilisant les propres cellules-souches d’un patient, les scientifiques ont déjà démontré qu’il était possible de faire pousser en laboratoire un nouvel organe, comme une vessie.

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Extrait du titre Ce que la science sait du monde de demain 
De Jim Al-Khalili 
Collection Quanto 
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

28/08/2018

Les robots nous supplanteront-ils?

te%CC%81le%CC%81chargement-35.jpegAujourd'hui vous pouvez consulter vos emails, photos ou toute information que vous souhaitez depuis Paris ou Le Caire, travailler à Chicago ou à Tokyo tout en restant connecté à votre entreprise. Le travail gagne ainsi en flexibilité ; les modes de vie et de divertissement s’en trouvent peu à peu transformés.

Nous sommes dès lors en mesure d’exploiter bien plus de ressources qu’à l’ordinaire et ce en toute autonomie. Que va t il advenir de cette technologie qui s'est déjà imposé dans notre vie ?

L'internet des Objets (IdO)

te%CC%81le%CC%81chargement-33.jpegEn 2016, www.internetworldstats.com estimait le nombre d’utilisateurs d’Internet à quelque 3,7 milliards. À l’heure actuelle, les objets connectés nous dépassent déjà en nombre et les projections évoquent une augmentation à 50 milliards d’ici 2021. Dans certains contextes comme les salles de fitness ou les hôpitaux, les appareils intelligents sont devenus monnaie courante ; ils nous renseignent sur nos performances ou notre état de forme, ils surveillent les paramètres vitaux des patients fragiles, leur rythme cardiaque, leur taux de glycémie, etc.

Nous n’en sommes toutefois qu’au début. En effet, même si les débats s’animent autour des problèmes soulevés par ces technologies : protection de la vie privée, sécurité, dégâts sociétaux, allant jusqu’à mettre en doute leur efficacité, leur développement semble absolument inéluctable.

L’IdO permet en outre de collecter des données à très grande échelle. Des capteurs bon marché et à faible consommation énergétique peuvent fournir des informations sur différents objets, sur leur environnement ou sur les systèmes spécifiques dans lesquels ils sont intégrés.

te%CC%81le%CC%81chargement-36-300x136.jpegEn vérité, l’un des principal défi de l’IdO réside dans la transformation de ces masses de données brutes, convergeant de multiples sources, en descriptions à la fois intelligibles et exploitables.

Les progrès médicaux impliqueront davantage de capteurs physiologiques qu’il n’en existe aujourd’hui. Vraisemblablement, ils se multiplieront sur nos corps pour contrôler jour et nuit notre état physique et émotionnel, et pour nous inciter à prendre mieux soin de nous. Les sportifs d’élite en font déjà usage pour améliorer leurs performances.

https://www.youtube.com/watch?v=nVap_6L26XE

Intelligence artificielle

Il est impossible de dire où l’intelligence artificielle (IA) ira dans l’avenir. Mais il est facile de dire où elle n’ira pas : elle ne va pas rester dans son coin. Au contraire, elle sera omniprésente et incontournable.

te%CC%81le%CC%81chargement-38-300x168.jpegÀ l’avenir, elle sera partout : dans les tribunaux, les bureaux, les maisons de retraite... et même les conseils matrimoniaux. L’internet des objets connectera les ordinateurs wearable (qui contrôleront notre position géographique, nos niveaux d’activité, notre pression sanguine, etc.) à une foule de gadgets dans nos maisons, au bureau, dans la rue, au restaurant. Ce ne sera pas Big Brother is watching you, mais plutôt des milliards de petits frères qui vous surveilleront – et qui tous communiqueront sans discontinuer.

Ces développements sont imminents. En fait, la plupart d’entre eux ont déjà commencé. D’ici une vingtaine d’années, d’innombrables applications de ce genre vont façonner nos vies. Les sociétés industrielles deviendront dépendantes de ces technologies.

te%CC%81le%CC%81chargement-39-300x150.jpegIl s’agit de l’apprentissage machine basé sur les big data : d’immenses volumes d’informations qui peuvent être analysés pour y déceler des motifs récurrents ou des tendances de comportements humains. Appelée deep learning, cette technologie d’IA est connue sur le plan théorique depuis plus d’un quart de siècle. Mais elle ne pouvait pas être appliquée parce que les ordinateurs n’étaient pas assez puissants. Or au cours des dernières années, la puissance et la mémoire des ordinateurs ont suffisamment augmenté pour que les machines actuelles (capables d’exécuter un million de milliards d’opérations par seconde) puissent apprendre à partir d’énormes banques de données contenant des milliards d’informations.

Le deep learning est déjà exploité dans le monde entier par les gouvernements et par des entreprises qui disposent d’importants volumes de données. Les systèmes d’apprentissage actuels sont extraordinairement puissants, mais restent mal compris.

Développement de l'IA

Peut-on réellement penser qu’un quelconque système non humain puisse résoudre les crises politiques au Moyen-Orient, par exemple ? De toute évidence, nous autres humains n’avons pas vraiment excellé à la tâche. Mais que l’IA puisse le faire à notre place, cela demande une foi en la technologie plus solide que celle de beaucoup de gens : les sensibilités politiques et le contexte historique sont bien trop complexes et subtils pour que l’IA puisse les saisir.

te%CC%81le%CC%81chargement-37-300x162.jpegDes sommes considérables sont investis dans le développement de l'IA. Il est difficile de prédire à quel point l'IA deviendra présente dans nos vies et organisations. Il faut que nous nous attendions à des bouleversements. Les développements de l’IA seront nombreux à améliorer significativement notre quotidien. Mais ils entraîneront aussi des conséquences involontaires (bien que parfois prévisibles) qui pourraient menacer des aspects importants de la vie humaine.

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De Jim Al-Khalili 
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A quoi ressemblera la société de demain?

te%CC%81le%CC%81chargement-20.jpegNos technologies n'ont jamais autant évolué que ces dernières décennies. Des matériaux qui se réparent tout seul aux plateformes multi-modales intelligentes. Quels seront les technologies, énergies et transports du futurs ?

 

 

Matériaux intelligents

Imaginez ce que serait la vie si les objets autour de nous pouvaient sentir, réagir, bouger, s’adapter, changer de forme et se réparer tout seuls. À l’avenir, ce sera une réalité : les objets rempliront des fonctions utiles pour nous. Ils le feront sans intervention humaine, sans robotique ni électronique, mais grâce aux « matériaux intelligents » : des solides dont les propriétés couleur, forme ou magnétisme changent automatiquement avec des stimuli comme la lumière, la température, l’humidité ou les forces appliquées. Ce sujet embrasse un vaste domaine.

te%CC%81le%CC%81chargement-14-300x138.jpegLes matériaux intelligents ne sont pas nouveaux. La nature nous a précédés avec par exemple les pignons du pin qui se referment quand il pleut ou les plantes qui poussent en direction du soleil. Des peintures anti-corrosion ou qui empêchent la rouille de se former aux matériaux auto-réparants, de nombreux problèmes ne feront bientôt plus surface dans nos quotidiens.

Ces matériaux sont actuellement en cours de développement et font leurs preuves dans les laboratoires. Dans beaucoup de cas, les temps de réponse sont trop lents, les matériaux instables ou trop délicats. On éprouve souvent des difficultés à maîtriser leur seuil de déclenchement.  Comme souvent avec les nouvelles technologies, les obstacles à leur large diffusion sont les coûts prohibitifs, la difficulté du passage à la production industrielle ou la rareté des matières premières. Une fois que ces problèmes seront réglés nous devrions les voir s'immiscer dans nos vies.

De la même manière qu’internet a transformé notre rapport à l’information, les matériaux intelligents promettent de bouleverser la façon dont nous interagissons avec le monde matériel.

Energie

te%CC%81le%CC%81chargement-13-300x135.jpegPour beaucoup d’entre nous, la relation à l’énergie est plutôt indirecte : nous la traitons comme un service de base, quelque chose qui devrait toujours être disponible sur simple pression d’un bouton. Ce n’est pas le cas dans les pays en développement, où deux milliards de personnes aspirent à un meilleur accès à l’énergie. À l’avenir, notre relation à l’énergie va évoluer. La demande en énergie entre en conflit avec les conséquences du changement climatique et d’autres contraintes. S’il est une chose assurée, c’est que l’énergie – et en particulier la recherche d’une source illimitée d’énergie propre – sera l’une des questions les plus importantes auxquelles se confrontera l’humanité.

D’après l’Agence internationale de l’énergie, la production et l’utilisation de l’énergie représentent les deux tiers des émissions mondiales de ces gaz.

Mais, Comment décarboner l’énergie ? La réponse est d’une simplicité désarmante : en arrêtant de brûler des combustibles fossiles. Bien sûr, c’est bien plus difficile en pratique tant ils sont synonymes de modernité. Ils sont littéralement le carburant de nos existences. Il ne serait ni juste ni populaire d’exiger que les gens mettent leur vie quotidienne entre parenthèses pour sauver notre planète.

L'éruption de la disruption

Une technologie disruptive remplace son prédécesseur et bouleverse le marché. Ou encore, il peut s’agir d’un produit entièrement nouveau qui crée une industrie entièrement nouvelle. Dans l’énergie, la disruption est déjà en cours.

te%CC%81le%CC%81chargement-19.jpegTout d’abord, nos dispositifs présentent de meilleurs rendements. En Europe, les labels énergétiques et les standards industriels ont permis d’économiser l’équivalent de la consommation énergétique annuelle de l’Italie. Par exemple, on remplace peu à peu la modeste ampoule à incandescence avec des diodes électro-luminescentes (les LED) qui utilisent environ dix fois moins d’énergie. Les technologies intelligentes nous aident aussi à devenir plus efficients avec des thermostats qui apprennent nos habitudes de consommation d’énergie, optimisent le chauffage de notre maison et nous permettent d’économiser.

Ces dernières années et grâce aux technologies renouvelables, de nombreux consommateurs produisent eux-mêmes leur électricité. La prochaine étape majeure devrait être le développement de batteries domestiques à grande échelle pour stocker l'électricité (déjà mis en place par tesla)

Transports

Dans notre Histoire, les transports ont eu une influence profonde sur nos existences. Avec un peu d’imagination, nous pouvons saisir toutes les manières par lesquelles ils pourraient continuer à nous surprendre et à façonner nos futurs modes de vie.

te%CC%81le%CC%81chargement-16.jpegLa révolution numérique a favorisé une prise de conscience de la population quant au rôle des transports publics. Le concept de « mobilité intelligente » s’est imposé chez les professionnels du secteur. Cela veut dire qu’on remplace l’idée d’un trajet exclusivement en voiture, en bus ou en train par celle d’un voyageur qui se rendrait de A à B en combinant diverses offres disponibles de transports publics. Ce « déplacement multimodal » est depuis toujours le Graal des planificateurs.

Dans une vision idéale, on passerait d’un transport à l’autre sans délais ni incertitude, grâce à des systèmes d’information connectés à des systèmes de transports publics flexibles qui réagissent à la demande et gèrent trains, bus et vélos. Les transports publics seraient alors en mesure de fournir une solution rapide et fiable de déplacement porte-à-porte. Ils nous épargneraient le stress de la conduite sur des voies congestionnées et la lutte pour une place de stationnement une fois destination.

La robotique bientôt omniprésente

Il y a déjà quelques décennies que nous flânons au tournant de la révolution robotique. Depuis les années 50, les robots travaillent dans nos usines, peignent des automobiles, assemblent des composants et exécutent de nombreuses tâches ennuyeuses et répétitives, plus rapidement que les êtres humains. Mais aujourd’hui, les nouveaux « robots de service » les surpassent largement en nombre.

te%CC%81le%CC%81chargement-18.jpegCe sont des robots actifs en dehors de l’usine. Ils remplissent une multitude de tâches, des soins médicaux à la garde des enfants ou des personnes âgées ; de la cuisine et la préparation de la nourriture à la réalisation et au service de cocktails ; des corvées ménagères à l’agriculture et à l’élevage ; du maintien de l’ordre (ils se chargent des exécutions dans les conflits armés) à la surveillance et la réparation des dommages du changement climatique ; des interventions chirurgicales à la vie intime robotisée et à la protection des espèces en danger... la liste est longue et ne fera que de se rallonger au cours de ces prochaines années.

te%CC%81le%CC%81chargement.pngL’industrie traverse une époque captivante. Appâtés par de nouveaux et énormes marchés globaux, les gouvernements et les grandes entreprises tendent à considérer la robotique comme un puissant catalyseur économique, et les financements commencent à suivre pour la recherche et le développement. De nombreuses entreprises et start-up créent une foule de nouvelles applications basées sur la robotique, dans ce qui est en train de devenir un marché hautement concurrentiel, qui stimulera l’innovation.

Cet article traitant du futur de l'énergie, du transport et de l'innovation n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète .

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De Jim Al-Khalili
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Notre vie en 2050

te%CC%81le%CC%81chargement-26.jpegL'AVENIR, IMPRÉVISIBLE PAR PRINCIPE? Détrompez-vous. Les scientifiques savent déjà à quoi ressemblera notre monde en 2050. Il sera totalement différent de celui que nous connaissons aujourd'hui. À l’échelle de l’évolution climatique, 2050 c’est demain. Nous avons donc une idée assez précise de ce à quoi ressemblera le climat mondial d’ici trois décennies.

Appuyons donc sur la touche « avance rapide » jusqu’en 2050. La température moyenne à la surface de la Terre a alors franchi la barre des deux degrés au-dessus de ce qu’elle était il y a tout juste un siècle, et le niveau moyen des mers s’est élevé de près de 30 centimètres durant la même période.

La banquise remplacé par une route commerciale ?

te%CC%81le%CC%81chargement-25.jpegL’Arctique est désormais entièrement dénué de glaces durant la période estivale et la température de l’océan a considérablement augmenté. Les populations de mammifères marins, de poissons et d’oiseaux se modifient, et les indigènes du Grand Nord tels que les Eskimos et les Lapons sont menacés par l’insécurité alimentaire. La disparition des glaces côtières, l’élévation du niveau des eaux et les intempéries de plus en plus intenses forcent des communautés entières à se déplacer.

Le commerce international profite de l’ouverture de l’Arctique pour en faire une des routes maritimes les plus prisées et l’exploitation des ressources naturelles de l’Arctique va bon train. Globalement, de nouvelles espèces invasives ont profité de l’accroissement de l’activité humaine pour modifier certains écosystèmes.

https://www.youtube.com/watch?v=nVap_6L26XE

Des inondations handicapantes

te%CC%81le%CC%81chargement-27.jpegEn Inde, la chaleur précédant la mousson est maintenant handicapante pour une large partie de la population, particulièrement dans la grande plaine septentrionale ; les inondations durant la mousson sont de plus en plus importantes en raison des pluies torrentielles qui s’abattent quotidiennement. Les habitants des régions côtières proches du niveau de la mer voient fréquemment l’océan monter et entrer dans les terres durant les tempêtes. Ce phénomène affecte les ressources en eau douce, dégrade les terres arables et s’accompagne d’une augmentation des infections causées par les eaux contaminées. La migration forcée devient la seule solution pour une part grandissante de la population.

Une note positive malgré tout : la qualité de l’air s’est améliorée dans l’intervalle et moins de gens souffrent de maladies respiratoires.

Dans les régions tropicales, la construction et la maintenance des infrastructures des villes et des bourgades devient de plus en plus difficile en raison de températures diurnes qui dépassent souvent le seuil au-delà duquel il est dangereux de travailler en plein air. La consommation énergétique liée à l’air conditionné accroît considérablement les besoins en électricité.

Recouverts par les eaux

te%CC%81le%CC%81chargement-28.jpegPlusieurs petits États insulaires du Pacifique comme les Kiribati sont désormais inhabitables en raison de la montée des eaux. Leurs populations n’ont plus de terres et leur avenir s’annonce plus qu’incertain. Ailleurs, le blanchiment des coraux a tué la pêche durable dont dépendaient les habitants pour leur sécurité alimentaire. Le tourisme, qui représentait une part importante des économies locales, s’est écroulé.

En 2050, l’Australie du Sud, le bassin Méditerranéen et le Moyen-Orient sont en proie à des sécheresses prolongées et à des périodes de chaleur estivale intenses. Les incendies de forêts sont de plus en plus dangereux, menaçant les habitations et les environnements urbains, et endommageant les écosystèmes naturels. La question de l’approvisionnement en eau se pose désormais de manière aiguë, alors que les nappes d’eau souterraines se vident.

te%CC%81le%CC%81chargement-31.jpegAu Royaume-Uni et en Europe du Nord, la météo est de plus en plus volatile et présente des températures et des précipitations extrêmes de plus en plus fréquentes.

Cette région du monde a massivement investi dans des digues et a su aménager son environnement pour limiter certains effets du changement climatique. Les vagues de chaleur estivales sont devenues habituelles et la saison de ski plus qu’incertaine en raison de la fonte de la couverture neigeuse. La période d’exploitation agricole s’est allongée et les températures plus chaudes permettent de diversifier tant la production alimentaire que l’offre touristique.

Cet aperçu des conditions climatiques en 2050 constitue une sévère mise en garde : le changement climatique est un déterminant fondamental de notre avenir et il est de notre responsabilité de préserver la diversité des écosystèmes terrestres. Il est probable que l’eau deviendra sous peu le bien le plus précieux sur la planète. Comprendre comment les régimes pluviométriques régionaux évolueront et quelles seront les conséquences de ces changements sur la disponibilité et la qualité des ressources en eau constitueront des questions centrales. Tout comme anticiper les conflits à venir, par exemple quant aux droits respectifs de chaque pays à accéder à des ressources aquifères lorsque celles-ci traversent ou se trouvent à cheval sur plusieurs États.

Jusqu’à présent, le débat sur le changement climatique était largement dominé par l’incertitude des projections et par les questions de son impact économique. Mais le réchauffement climatique va également poser des questions morales. Ce sont en effet les régions les plus pauvres qui en subiront les conséquences les plus dramatiques, et le changement climatique entravera plus encore leur développement socio-économique.

Les zombies existent-ils comme dans les films ?

te%CC%81le%CC%81chargement-7-300x168.jpegQuelle est notre place dans l’Univers ? qui sommes-nous ? Nos émotions, nos croyances, nos espoirs et nos rêves ont-ils un sens dans ce grand tout? L’homme a-t-il un sens, dans une vision scientifique du monde ?

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La surpuissance souveraine d'Amazon

te%CC%81le%CC%81chargement-8-300x134.jpegQUARANTE-QUATRE POUR CENT DES MÉNAGES AMÉRICAINS possèdent une arme à feu et 52 % sont abonnés à Amazon Prime. Les ménages aisés sont plus susceptibles d'avoir un abonnement Amazon Prime qu'un téléphone fixe. En 2016, aux États-Unis, la moitié de la croissance totale des activités en ligne et 21 % de la croissance des ventes au détail pourrait être attribuée à Amazon. Dans les points de vente physiques, un consommateur sur quatre consulte les avis d'utilisateurs sur Amazon avant d'effectuer ses achats. Ces chiffres sont impressionnants et traduisent l'ampleur que peut avoir cette firme sur notre société. De quoi la compagnie Amazon est-elle capable ?

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Facebook, le business des données personnelles

te%CC%81le%CC%81chargement-2-3.jpegFacebook, Inc. entretient une relation profonde avec 2 milliards de personnes au quotidien. Cette firme détient trois des cinq plateformes dont le nombre d’utilisateurs a grimpé à 100 millions le plus rapidement : Facebook, WhatsApp et Instagram. Avec ce joli palmarès, et sa présence quotidienne chez une partie de l'humanité, Facebook possède un place mérité parmi les plus grands de ce monde.

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Google, l'omniscience incarnée

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APPLE, LA marque de luxe du XXIe siècle

te%CC%81le%CC%81chargement-1-2.jpegSteve Jobs est devenu le messie de l’économie de l’innovation, et sa réussite éclatante, l’iPhone, est devenue le vecteur du culte qui lui est voué, un culte élevé au-dessus des autres objets matériels ou technologies. Steve Jobs a accompli une chose importante : faire d’Apple, une entreprise ( la plus grande de tous les temps à l'heure actuelle) ayant placé la prise de risques en tête de ses choix. Retour sur ce qui a fait Apple.

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Faut il douter de tout ?

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