28/08/2018

Le lien entre lectine, obésité et mauvaise santé

te%CC%81le%CC%81chargement-4-2-300x144.jpegTout le monde connaît le gluten, une protéine présente dans le blé, qui peut, entre autres, entraîner une inflammation généralisée dans le corps. Nous dépensons aujourd’hui des fortunes en aliments sans gluten afin de protéger notre santé. Et si on passait à côté du problème?


 

Qu'est ce que les lectines ?

PDB_1lem_EBI-300x225.jpgLes lectines sont des protéines qui se lient spécifiquement et de façon réversible à certains glucides. Elles interviennent dans divers processus biologiques, au niveau de la reconnaissance entre les cellules (par exemple lors de réponses immunitaires, d'infections).

Les lectines sont des glycoprotéines que l'on trouve en forte concentration dans la plupart des graines de légumineuses sèches (lentilles, fèves, pois), mais aussi de façon plus large dans la nature (autres familles de plantes, champignons et chez les animaux aussi).

Lien entre lectine et insuline

L’agglutinine du germe de blé (WGA), impliquée dans les maladies cœliaques présente une ressemblance frappante avec l’insuline. Considérons maintenant plus précisément l’action de l’insuline et des problèmes qui surviennent lorsque le WGA l’imite.

te%CC%81le%CC%81chargement-9-3.jpegEn situation normale, lorsque le sucre pénètre dans le réseau sanguin depuis votre intestin, le pancréas sécrète de l’insuline dans le sang, et celle-ci se déplace vers trois sites principaux : les cellules adipeuses, les cellules musculaires et les neurones. Le premier travail de l’insuline est d’ouvrir la porte de ces cellules afin de permettre au glucose d’entrer.

1. Dans les cellules adipeuses, l’insuline s’attache au récepteur présent sur la membrane de la cellule et indique à celle-ci de transformer le sucre en graisse et de le stocker. Quand l’insuline a fait son travail, elle se sépare du récepteur et aucun autre sucre ne peut entrer dans la cellule.

2. Dans les cellules des muscles, l’insuline ouvre l’accès de la cellule et fait entrer du glucose, lequel sera utilisé comme source d’énergie.

3. Les cellules nerveuses (neurones) ont également besoin d’insuline pour laisser passer le glucose à travers leur membrane. Le fait que les neurones aient besoin d’insuline pour obtenir du glucose est une découverte relativement récente et nous savons maintenant que la résistance à l’insuline peut aussi se dérouler dans le cerveau et les nerfs – ce que l’on appelle des diabètes de type 3.

Une fois que l’insuline s’est fixée sur les récepteurs appropriés et a délivré ses informations, les cellules adipeuses, musculaires et nerveuses informent l’hormone que le message a été reçu. L’hormone quitte alors le récepteur, le laissant prêt et disponible pour la prochaine hormone qui arrivera.

Les lectines et les problèmes qu'elles causent

te%CC%81le%CC%81chargement-11-1.jpegLes problèmes surviennent quand les lectines imitent l’insuline et se fixent sur les récepteurs des parois cellulaires. Elles transmettent alors une mauvaise information, ou bloquent la diffusion de la bonne. Pour en comprendre les conséquences, imaginez que vous êtes le passager d’un avion qui, après un très long vol, trouve la piste de son terminal occupée par un autre avion. Vous ne pouvez descendre de l’avion (transmettre votre information) jusqu’à ce que l’avion au sol se déplace. Mais supposez qu’il ne bouge jamais ! Que se passe-t-il ? Aussi longtemps que les lectines occupent « la piste », le bon système de communication est interrompu ou rendu silencieux – et cela indéfiniment.

Regardons maintenant ce qui se passe quand la lectine WGA se fixe sur chaque type de récepteur d’insuline :

  1. Dans le cas de la membrane d’une cellule adipeuse, le WGA s’y attache pour de bon et indique de façon continuelle à la cellule de fabriquer de la graisse à partir de tout sucre passant à proximité. Si vous viviez il y a 8000 ans, tout composant d’une plante favorisant votre capacité à stocker de la graisse à partir des maigres calories à disposition aurait été formidable. Mais cela n’est plus un bénéfice de nos jours, et les lectines, comme le WGA et toutes celles présentes dans les céréales, ont par ailleurs beaucoup d’autres effets en plus de favoriser le stockage de graisse dans les cellules adipeuses.

2. Si le WGA se fixe sur une cellule musculaire, il bloque également et de façon permanente son récepteur d’insuline, mais dans ce cas, il en résulte l’effet opposé. Le WGA empêche l’insuline d’arriver aux récepteurs, de la même façon qu’un autre avion bloquant la piste du vôtre, vous empêche d’en descendre. Résultat, le muscle ne reçoit pas le glucose, celui-ci étant directement expédié vers une cellule adipeuse en attente, où le WGA active l’aspiration du sucre en continu. Le mimétisme de l’insuline est la raison principale pour laquelle nous perdons du muscle au fur et à mesure que nous vieillissons. Plus nous consommons de lectines, plus les récepteurs d’insuline de nos muscles se lient au WGA et à d’autres lectines, et plus nos muscles s’atrophient.

3. te%CC%81le%CC%81chargement-13-1.jpegLorsque le WGA et d’autres lectines verrouillent le récepteur de l’insuline, des cellules nerveuses et des neurones, ils bloquent également l’entrée du sucre ; sans sucre pour ses neurones, le cerveau affamé exige alors plus de calories. Vous aurez donc faim et mangerez davantage. À court terme, c’était parfait pour assurer la survie de l’espèce humaine il y a des milliers d’années en prévision de l’hiver. Mais si ce processus se poursuit, davantage de WGA et d’autres lectines se lient aux récepteurs, entraînant la mort des cellules du cerveau et des nerfs périphériques, avec pour conséquence des démences, la maladie de Parkinson et la neuropathie périphérique.

Le résultat cumulé de ces processus est une perte de masse musculaire, un cerveau et des cellules nerveuses affamés, et l’accumulation de graisse.

Conclusion

te%CC%81le%CC%81chargement-8-2-300x156.jpegOn a récemment mis en évidence le fait que les lectines se déplacent le long du nerf vague, en passant ainsi de l’intestin au cerveau. Elles parviennent alors dans la substance noire, le centre de commutation du cerveau, et y provoquent des dégâts à l’origine de la maladie de Parkinson. Ceci explique pourquoi, selon une vaste étude chinoise, les patients ayant subi une vagotomie (section du nerf vague pour soigner des ulcères) durant les années 1960 et 1970 sont à 40 % moins atteints de la maladie de Parkinson que des patients d’âge identique. Chez ces patients, les lectines ne peuvent atteindre le cerveau aussi facilement et causer autant de dégâts. Ceci explique également aussi pourquoi la maladie de Parkinson est plus fréquente chez les végétariens, en conséquence de leur consommation accrue de végétaux (et donc de lectines). Souvenez-vous, la plante ne fait que son travail : débarrasser le monde de parasites tels que vous !

Pour résumer, à une époque reculée durant laquelle la nourriture était rare, le gain de poids qui résultait de la consommation des lectines des céréales et des légumineuses constituait un bénéfice certain, mais ce même résultat joue aujourd’hui en notre défaveur.

Cet article n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète du sujet.

978-2-88915-258-2_medium.jpgPour en savoir plus : Dans Le Paradoxe des Plantes (déjà traduit en une vingtaine de langues dans le monde), Steven Gundry, médecin et chirurgien cardiaque réputé, révèle que le gluten n’est qu’une des multiples variétés de protéines végétales aussi communes que toxiques appelées les lectines. On les trouve dans toutes les céréales mais également dans les aliments habituellement considérés comme sains, y compris dans certains fruits, légumes et produits laitiers conventionnels. Une fois ingérées, elles entraînent de façon insidieuse des inflammations conduisant généralement à un gain de poids et parfois à de graves problèmes de santé. C’est sur la base de cette réalité que Steven Gundry a établi un programme alimentaire révolutionnaire. Les concepts nouveaux qu’il introduit, de façon simple et accessible à tous, soutenus par une solide littérature scientifique et d’innombrables cas concrets, vous feront considérer d’un oeil nouveau vos choix alimentaires. 

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A lire aussi : Comment l'alimentation moderne vous rend malade

Extrait du titre Le paradoxe des plantes
De Steven R. Gundry
Collection Quanto
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

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