28/08/2018

L'alcool est un poison

te%CC%81le%CC%81chargement-8-2-300x158.jpegEntre les humains, l’alcool et la levure, l’affinité est loin d’être superficielle. Appelée éthanol, la petite molécule d’alcool, que la levure tire du raisin, possède le puissant pouvoir transformateur d’une drogue psychotrope. Les liens qui nous attachent à l’alcool sont profondément enracinés et cela depuis déjà plusieurs millénaires.

 

Molécule d'éthanol

te%CC%81le%CC%81chargement.pngLa molécule d'Ethanol a de grandes vertus, elle peut alléger ou assombrir l’humeur, inspirer ou brouiller les esprits ; elle enflamme nos élans tout en sabotant nos performances ; elle induit l’agressivité mais également le sommeil. Un objet de désir aussi contraire, chimérique et séduisant ne peut que fasciner, rendre fou et asservir ses amants.

La raison d’une telle emprise, pour le bien comme pour le mal, réside dans la tolérance que nous avons développée pour cette toxine: l’éthanol. À cet égard, l’alcool est différent des autres drogues psychotropes. L’opium, le cannabis et la cocaïne exercent leurs effets sur le cerveau en imitant les substances naturelles du système nerveux.

images-7.jpegMais si l’éthanol n’était qu’une simple toxine, alors le vin, la bière et les spiritueux seraient d’obscures potions confinées dans l’armoire à poisons de la pharmacie. Ce qui fonde sa différence, c’est que notre alimentation nous a exposés à l’éthanol pendant une très longue période. Le plat de prédilection des grands singes est le cocktail de fruits.

Ces derniers sont les principaux aliments des chimpanzés, et il est probable qu’ils aient également joué un rôle important dans le régime de nos ancêtres communs avec les grands singes, il y a plus de 5 millions d’années. Or, là où il y a des fruits mûrs, il y a de la levure. Et là où il y a de la levure, il y aura de l’alcool.

Une tolérance transmise par nos ancêtres

te%CC%81le%CC%81chargement-7-2.jpegDans les grandes lignes, la vinification est la version domestiquée de la fermentation naturelle, quand les fruits pourrissent. Les fruits étaient une denrée alimentaire de base de nos ancêtres primates, auxquels s’ajoutait parfois une accidentelle goutte d’alcool. C’est dans ce régime que réside l’origine de notre tolérance à l’éthanol.

La source de notre tolérance à l’alcool est une version humaine de notre vieille amie, l’enzyme alcool déshydrogénase – ADH4. DH4 métabolise l’éthanol lorsque celui-ci atteint une concentration élevée dans le foie.

En retraçant l’évolution du gène qui code ADH4, on a montré que cette inestimable amie des primates avinés a muté sous sa forme actuelle il y a environ 13 à 21 millions d’années. C’est à peu près à cette époque que vivait le dernier ancêtre commun aux orangs-outans et aux humains.

La mutation ADH4 a eu pour effet d'augmenter de 40 fois sa capacité à décomposer l'alcool. L’histoire évolutive de l’ADH4 confirme certainement l’idée que nous sommes adaptés pour le tolérer. Mais elle n’explique pas pourquoi certaines personnes en deviennent dépendantes

Le pouvoir social de l'alcool

te%CC%81le%CC%81chargement-6-3-300x168.jpegL’alcool s’apprécie le mieux dans un environnement social, car c’est là qu’il favorise la bonhomie et libère le flux de la conversation et de l’esprit que les Irlandais appellent le «craic». Nous sommes tous plus spirituels avec un verre de vin, ou du moins nous aimerions le croire. Apportez des victuailles et de l’alcool, tous deux en quantités généreuses, et un simple dîner se transformera en festin.

Cet article n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète .

978-2-88915-243-8-205x300.jpgPour en savoir plus : Les oeufs, la farine et le lait ont un point en commun, mais lequel? En plus d’être les trois ingrédients de nos crêpes, chacun d’eux a évolué durant des millions d’années pour assurer la survie de son espèce. Il ne s’agit pas de cas isolés. Nos petits déjeuners, nos listes de courses et nos recettes, tous ont une riche histoire à raconter, une histoire qui est en partie la nôtre, celle de nos origines et de notre évolution. Jonathan Silvertown nous entraine au fil des pages dans un délicieux récit, concoction de co-évolution et de cuisine, de microbiomes intestinaux et d’herbes aromatiques, de poules et d’oeufs, de soupes, de coquillages et d’épices. Il déroule l’épopée alimentaire de l’homme, des premiers âges de l’humanité à nos jours. Comme un vrai chef, il passe au crible les interactions entre nos sens et nos aliments, saupoudrant le menu de croustillantes anecdotes : maladies intestinales de Charles Darwin, anatomie de nos papilles ou implication du pain dans la construction des pyramides d’Égypte. Un voyage passionnant à travers le temps, le monde et les repas qui nous unissent. Vous ne regarderez plus jamais votre assiette de la même manière.

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Extrait du titre Dîné avec Darwin
De Jonathan Silvertown
Collection Quanto 
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

 

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