28/08/2018

Comment nourrir 10 milliards d'humains?

te%CC%81le%CC%81chargement.jpeg«Qu’allons-nous manger demain?» Telle est la question que la personne qui nourrit sa famille se pose tous les jours. Mais regardons un peu plus loin vers le futur. Que voyons- nous ?

L’avenir de l’alimentation sera dominé par deux défis : la croissance de la population humaine et le changement climatique mondial.


 

te%CC%81le%CC%81chargement-1-300x168.jpegLe premier n’est pas nouveau, mais le second va considérablement compliquer la subsistance d’une population qui atteindra, selon les projections, 10 milliards d’habitants. L’augmentation des températures, l’altération du régime des précipitations, les sécheresses plus fréquentes et l’élévation du niveau de la mer : ces éléments menaceront la sécurité alimentaire si nous n’adaptons pas les systèmes de production et les cultures elles-mêmes. De plus, telle qu’elle est pratiquée actuellement, l’agriculture accentue le changement climatique en émettant une part importante des gaz à effet de serre. Il ne s’agit donc pas seulement de nourrir plus de personnes à l’avenir. Il faudra le faire de manière durable.

Croissance de population

te%CC%81le%CC%81chargement-2.jpegL'humanité a déjà fait face au cours de son histoire à des croissances de population critique. La surpopulation était une préoccupation publique majeure dans les années 1960 et 1970. Il y avait de réelles raisons de s’inquiéter, bien que les prédictions n’aient pas été confirmées. Entre 1960 et 1980, la population mondiale a augmenté de 50%, passant de 3 milliards à 4,5 milliards d’habitants. Mais l’offre alimentaire a suivi le rythme. La croissance de population n'est donc pas un problème si la production peut suivre le rythme grâce à des technologies nouvelles qui permettent une hausse du rendement.

La question urgente qui se pose désormais est la suivante: L'agriculture pourra-t-elle faire face à une population mondiale de 10 milliards de personnes ?

te%CC%81le%CC%81chargement-5.jpegLes bénéfices de la révolution verte sont maintenant pleinement réalisés dans de nombreuses régions, et les rendements agricoles ont commencé à se stabiliser. Cela laisse donc anticiper un écart entre la production actuelle des variétés cultivées et les rendements à l’hectare nécessaires pour répondre aux besoins d’une population de 10 milliards d’habitants au milieu du siècle. Selon une estimation, il faudrait qu’ils augmentent d’au moins 50 %, si l’on veut réduire l’écart entre ce qui est cultivé aujourd’hui et ce dont nous aurons besoin pour nourrir tout le monde en 2050.

L'OGM, une solution ? 

Les cultures génétiquement modifiées constituent un enjeu évolutif de trois manières. En premier lieu, la modification génétique va déterminer les futurs développements de nos cultures, malgré les actuelles levées de boucliers. C’est la voie par laquelle notre alimentation va évoluer.

La raison est relative à la seconde manière pour le génie génétique de se présenter comme un enjeu évolutif : c’est la nature elle-même qui est l’ingénieur de la génétique.

te%CC%81le%CC%81chargement-3.jpegLa troisième raison, c’est que la sélection naturelle a déjà testé et fait évoluer la plupart des technologies: les utiliser revient à travailler avec la nature, et non contre elle. Par exemple, la patate douce domestiquée porte des gènes qui proviennent d’une bactérie comme Rhizobium radiobacter. Elle les a acquis au cours du processus de domestication, puisque les séquences d’ADN en question ne sont pas présentes dans les parents sauvages.

Toutes les formes de sélection végétale et animale peuvent avoir des conséquences imprévues, y compris les OGM. Même si l’innovation comporte toujours des risques, le génie génétique n’est pas intrinsèquement plus risqué que les autres techniques de sélection. Ce ne sont d’ailleurs pas les cultures génétiquement modifiées ou les espèces domestiquées qui représentent les nouveautés les plus dangereuses pour la santé et l’environnement mais bien les espèces sauvages.

À l’heure actuelle, on tend à surestimer largement les risques liés aux OGM, tandis qu’on ne prend que trop peu en compte les avantages qu’offre une production alimentaire durable.

Evolution et cuisine 

Dans l’histoire de l’évolution, les innovations – même majeures, comme l’origine des mammifères ou des oiseaux – se développent à partir de caractéristiques préexistantes. La lactation était présente chez les prédécesseurs des mammifères. En termes génétiques, la sélection – qu’elle soit naturelle ou artificielle – agit sur une variation existante.

te%CC%81le%CC%81chargement-4-300x112.jpegEn quoi l’évolution est-elle semblable à la cuisine? Tout d’abord, c’est de la même manière qu’a évolué la cuisine, et c’est ainsi que travaillent les cuisiniers. Vous utilisez ce que l’évolution vous procure et ce que vous trouvez dans votre cuisine ou au marché. Y a-t-il une leçon à tirer de tout cela ? Je le pense. Tout comme la bonne cuisine, l’évolution est une affaire de potentiel des ingrédients. Certes, notre Histoire évolutive a façonné nos capacités alimentaires, mais elle les a étendues, plutôt que limitées.

Nous avons survécu à la montée et au déclin des glaciers et des déserts. Puis nous avons prospéré, nous nous sommes multipliés et avons occupé tous les continents, parce que nous sommes des omnivores intelligents capables de nous adapter. Si tel n’était pas le cas, nous serions aussi menacés que le panda géant, qui ne se nourrit presque que de pousses de bambou, ou que le koala qui vit sur l’eucalyptus.

Avec une telle diversité d’aliments disponibles pour notre plaisir, on peut se demander pourquoi tant d’auteurs veulent nous convaincre que l’évolution impose un régime restreint.

Cet article n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète .

978-2-88915-243-8-205x300.jpgPour en savoir plus : Les oeufs, la farine et le lait ont un point en commun, mais lequel? En plus d’être les trois ingrédients de nos crêpes, chacun d’eux a évolué durant des millions d’années pour assurer la survie de son espèce. Il ne s’agit pas de cas isolés. Nos petits déjeuners, nos listes de courses et nos recettes, tous ont une riche histoire à raconter, une histoire qui est en partie la nôtre, celle de nos origines et de notre évolution. Jonathan Silvertown nous entraine au fil des pages dans un délicieux récit, concoction de co-évolution et de cuisine, de microbiomes intestinaux et d’herbes aromatiques, de poules et d’oeufs, de soupes, de coquillages et d’épices. Il déroule l’épopée alimentaire de l’homme, des premiers âges de l’humanité à nos jours. Comme un vrai chef, il passe au crible les interactions entre nos sens et nos aliments, saupoudrant le menu de croustillantes anecdotes : maladies intestinales de Charles Darwin, anatomie de nos papilles ou implication du pain dans la construction des pyramides d’Égypte. Un voyage passionnant à travers le temps, le monde et les repas qui nous unissent. Vous ne regarderez plus jamais votre assiette de la même manière.

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A lire aussi :  La crise permanente

Extrait du titre Dîné avec Darwin
De Jonathan Silvertown
Collection Quanto 
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

 

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