05/06/2017

Savez-vous vraiment comment étudier ?

téléchargement (3).jpegL'arrivée à l'université est souvent synonyme de changement du rythme et de la façon d'étudier, les cours de spécialisent et se complexifient. Devenir étudiant à l’université implique donc d’adapter sa façon d’étudier à ce nouveau contexte. Mais comment faire le tri dans les innombrables conseils, souvent contradictoires, que chacun ne manquera pas de vous donner?


Comment peut-on savoir quelles habitudes sont les «bonnes»?

téléchargement (1).jpegCes deux dernières décennies ont vu l’explosion du nombre d’études scientifiques sur la façon dont les gens apprennent, et ces recherches ont été examinées et comparées par des groupes tels que l’American Psychological Association, le gouvernement de Nouvelle Zélande , le Conseil américain de la recherche ainsi que par des chercheurs du monde entier. Les résultats de ces recherches sont importants car ils montrent que beaucoup des stratégies les plus communément utilisées pour étudier ont en fait peu d’impact réel sur l’apprentissage. Ces recherches mettent par ailleurs en évidence un certain nombre de stratégies alternatives qui se révèlent plus efficaces pour apprendre.

Il est loin d’être facile d’acquérir de nouvelles habitudes mais néanmoins nécessaires dans certains cas. Les anciennes pratiques reviennent dès que nous cessons de faire attention, surtout lorsque nous sommes fatigués, sous pression ou débordés par trop de choses à penser. Si les anciennes habitudes paraissent plus naturelles et plus simples, c’est que nous les avons tellement pratiquées qu’elles sont devenues des réflexes. Mettre en place de nouvelles habitudes c’est donc les exercer le plus souvent possible. Finalement, c’est un peu comme apprendre à conduire ou à faire du vélo : au début il est indispensable de se concentrer et de faire très attention, puis avec un peu d’entraînement il n’est même plus nécessaire de réfléchir à ce que l’on fait.

Combien de temps planifier en dehors des cours ? Les crédits ECTS

téléchargement (4).jpegSi votre université adhère à ce système, un certain nombre de crédits ECTS est attribué à chaque cours de votre programme en fonction de la charge de travail associée au cours. L’estimation de la charge de travail prend en compte à la fois les heures programmées à l’horaire et le travail personnel à fournir, y compris l’examen, selon les objectifs du cours. Cette information est souvent donnée dans la description détaillée de chaque cours.

Dans ce système, 1 crédit ECTS équivaut à 25 à 30 heures de travail. Pour illustrer comment évaluer le temps à dédier au travail personnel, prenons l’exemple d’un cours auquel sont attribués 3 crédits ECTS. Selon la règle que nous venons de voir, la quantité totale de travail pour ce cours devrait être de 90 heures au total. Si un semestre dure 14 semaines auxquelles il faut ajouter l’examen (en le comptant comme une semaine), 3 crédits ECTS correspondent à 6 heures de travail par semaine en moyenne sur un semestre. Si l’horaire de cours comprend déjà 3 heures de cours ou d’exercices programmés, il faut alors prévoir 3 heures de travail personnel en plus de l’horaire chaque semaine. D’une manière générale, à l’EPFL, l’horaire est conçu en considérant que chaque cours est composé environ à moitié de séances de cours ou d’exercices programmées et à moitié d’heures de travail personnel que l’on doit réaliser de sa propre initiative. Ainsi, si votre horaire comprend 6 heures programmées pour un cours, vous pouvez en déduire que vous devez prévoir 6 heures de travail personnel en plus.

Il est important de noter que cette durée est une durée moyenne et que la quantité de travail réellement nécessaire varie selon les étudiants.

La prise de note, un atout ?

 téléchargement (5).jpegIl existe un grand nombre d’études scientifiques qui montrent que les étudiants apprennent mieux lorsqu’ils prennent des notes. La prise de notes permet de mieux se concentrer sur les idées et les concepts qui sont présentés en cours :

  • Pour pouvoir prendre des notes, vous devez écouter attentivement votre enseignant. Lorsque vous écrivez, votre attention est focalisée sur l’idée que vous venez d’entendre. Or votre mémoire enregistre les choses auxquelles vous faites attention. Vous êtes donc plus susceptible de vous souvenir de ce que vous avez noté.
  • De plus, comme vous ne pouvez généralement pas noter tout ce que votre enseignant dit, vous êtes amené à sélectionner les points importants dans son discours. En fait, clarifier pour soi-même ce qui est important permet d’organiser ses pensées et aide à mémoriser les informations durablement.Dans les deux cas, le fait de prendre des notes aide à apprendre parce cela force à réfléchir plus profondément à la matière vue pendant le cours.

Pourquoi est-il important d’apprendre de ses erreurs?

téléchargement (8).jpegNotre apprentissage dépend beaucoup de notre capacité à identifier et corriger nos erreurs. En fait, il s’agit d’un des résultats les plus clairs de la recherche sur l’enseignement et l’apprentissage : l’analyse de près de 1300 études scientifiques sur l’apprentissage a montré que les gens apprennent significativement mieux lorsqu’ils reçoivent un feedback leur permettant d’identifier ce qu’ils doivent faire, où ils ont réussi et échoué et comment ils peuvent s’améliorer. Il est important de noter qu’un feedback peut prendre différentes formes : il peut s’agir d’un commentaire oral donné par un assistant pendant une séance d’exercice, d’une correction commentée d’une copie d’examen blanc, de la solution d’un exercice (écrite ou présentée au tableau), etc.

Mais recevoir un feedback n’est pas suffisant, il est nécessaire de tirer des leçons du feedback reçu. Lors d’une étude réalisée à l’EPFL sur les types d’erreurs communément faites par les étudiants lors de l’examen de physique de première année.

Comment rendre un feedback bénéfique ?

téléchargement.pngImaginons que vous venez de faire un exercice et qu’un assistant vous donne un feedback sur ce que vous avez fait. Comment en tirer le meilleur parti pour progresser? Les travaux de recherche montrent qu’un feedback est utile s’il permet de répondre à trois questions :

1. Quel était l’objectif de l’exercice ?
2. En quoi l’objectif est-il atteint ?
3. Comment améliorer ce que l’on a fait de manière à atteindre l’objectif ?

Le feedback est donc l’un des éléments les plus importants pour progresser, mais l’on peut aussi s’améliorer en mettant en pratique les trois conseils ci-dessous :

• Accepter sa part de responsabilité.
• Exploiter judicieusement les solutions.
• S’exercer à faire les choses sans faire d’erreur.

Aider et être aidé, trouver son juste milieu

images.jpegDe nombreux étudiants n'osent pas demander de confirmation ou de clarification par peur de jugement et accumulent des lacunes dès la fin du cours. Il est important de se demander si l’on a vraiment besoin d’aide ou si on ne pourrait pas surmonter cette difficulté par soi-même.

Rappelons que les enseignants ne testent pas uniquement les connaissances du cours mais également la capacité à appliquer ces connaissances à des problèmes nouveaux et inhabituels. Si vous dépendez trop de l’aide des autres ou des solutions des exercices, vous ne développerez pas la capacité de résoudre ce type de problèmes par vous-même. Les problèmes posés à l’examen ne ressembleront probablement pas à ceux vus lors des séances d’exercices, et donc connaître par cœur la solution des différents exercices n’aide pas.

Le fait que les étudiants s’expliquent les choses les uns aux autres bénéficie autant à celui qui reçoit l’explication qu’à celui qui donne l’explication. En effet, lorsque l’on explique quelque chose à quelqu’un, on est obligé de clarifier sa pensée et de trouver de nouveaux exemples ou de nouvelles façons de décrire les concepts. On approfondit alors sa compréhension et on mémorise ainsi à plus long terme. Dans une étude réalisée auprès des tuteurs de l’EPFL, 87 % d’entre eux ont rapporté qu’ils comprenaient mieux la matière après l’avoir enseignée qu’auparavant.

La gestion du stress, une étape primordial

téléchargement (7).jpegCertains états émotionnels comme l’anxiété, la frustration ou la honte nous font nous sentir mal alors que d’autres comme le plaisir, l’intérêt ou la fierté nous font nous sentir bien. Il est très naturel de vouloir se sentir bien et d’essayer à tout prix d’éviter de se sentir mal. Cependant, il est important de réaliser que tous les états émotionnels, qu’ils soient positifs ou négatifs, nous aident généralement à nous adapter à notre environnement.

L’anxiété et la peur sont des états émotionnels très utiles même s’ils sont déplaisants. Dans le contexte des études universitaires, ressentir un certain degré d’anxiété peut aider à se concentrer, à prendre les choses sérieusement et à trouver l’énergie pour faire ce qu’il faut.

Néanmoins, les réponses émotionnelles au danger ne sont pas faites pour durer: nous ne sommes pas conçus pour fuir une menace pendant des mois et des mois ! Or les programmes universitaires durent des mois et des années et les étudiants peuvent donc éprouver de l’anxiété pendant de longues périodes, ce qui peut avoir des effets négatifs sur leur santé ou sur leurs études. Trop d’anxiété ou une période d’anxiété trop longue peut même amener à vouloir éviter à tout prix de penser aux études. Il est donc important d’apprendre à gérer son stress et son état émotionnel, de manière à non pas éviter totalement la pression mais à ressentir juste ce qu’il faut de pression au bon moment et pour les bonnes raisons.

978-2-88915-199-8.jpgEn intégrant un cursus universitaire scientifique exigeant ou sélectif, vous découvrirez que les méthodes de travail que vous avez adoptées durant le secondaire ne sont plus adaptées à ce nouvel environnement. Que ce soit en raison de la complexité des matières ou de la façon particulière dont elles sont enseignées, vous aurez besoin d’apprendre différemment, et surtout, de façon beaucoup plus efficace.  Quelles sont les méthodes de travail qui fonctionnent vraiment? Au travers d’exemples pratiques et d’activités concrètes, ce livre vous guidera pas à pas dans l’assimilation de 8 habitudes d’apprentissage dont l’efficacité a été démontrée par les résultats de la recherche scientifique. Depuis l’organisation de votre temps jusqu’à la préparation de vos examens, en passant par les techniques de prise de note ou de résolution de problèmes, vous pourrez non seulement auto-évaluer vos méthodes de travail, mais également et surtout découvrir comment les optimiser.

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