23/02/2012

Les fondamentaux de la finance d’entreprise

10670478-clock-mechanism-made-from-currency-coins-dolar-currency-dependence.jpgIl existe des milliers d’ouvrages sur la finance et sur la finance dans l’entreprise. Certains sont destinés à des personnes qui vont faire carrière dans la comptabilité et la finance. Ce sont des ouvrages très spécialisés et souvent très spécifiques à un pays ou groupe de pays, car les règles qui régissent la comptabilité sont légèrement différentes d’un pays à l’autre. Certains sont des réflexions de très haut niveau sur les fondements des règles de comptabilité, donc très loin des préoccupations quotidiennes d’un chef d’entreprise ou d’un directeur de division. D’autres, encore, sont des ouvrages de vulgarisation, qui fournissent les bases de la compréhension, mais ne permettent pas de développer de nouveaux outils d’analyse financière et ne sont pas très « opérationnels ».


Cet ouvrage est destiné à tous ceux qui, dans leur activité professionnelle, doivent prendre des décisions importantes avec des implications financières, mais qui n’ont pas la formation en comptabilité et finance nécessaire. Son but est de leur fournir les éléments qui leur permettront de comprendre comment une entreprise gagne de l’argent, et donc de pouvoir prendre des décisions fondées sur des bases financières solides.

Les entreprises attendent de leurs cadres qu’ils fassent usage des données financières de l’entreprise pour allouer leurs ressources et diriger leurs affaires. Toutefois, beaucoup de cadres, en particulier ceux ayant une formation technique, ne savent pas lire les documents financiers et ne connaissent pas les principes et règles qui permettent de les établir. Ils ne connaissent pas la terminologie, ni comment combiner et calculer ces informations pour soutenir leurs décisions.


A quoi sert un bilan?

Un bilan est un instantané de la situation financière d’une entreprise, c’està-dire une évaluation de toutes les valeurs des biens et des dettes de cette entreprise à une date donnée. Un bilan doit permettre à son lecteur de lire la «santé» financière de l’entreprise. Il sert aux divers créditeurs (propriétaires, banques, fournisseurs) à évaluer les risques qu’encourent leurs placements ; il sert aux nouveaux fournisseurs à déterminer les termes de paiement de leurs ventes à cette entreprise ; il sert aux gestionnaires de l’entreprise à prendre des décisions financières ; il sert à l’Etat à des fins statistiques et fiscales. C’est donc un instrument largement utilisé dont la qualité et le sérieux se doivent d’être au-dessus de tout soupçon.

Nous verrons toutefois que malheureusement cette qualité et ce sérieux ne sont pas toujours au-dessus de tout soupçon.
La comptabilité est la discipline qui permet la construction du bilan (et des autres documents financiers que nous présenterons dans les chapitres suivants). Cette discipline s’appuie sur un certain nombre de principes généraux et des règlements assez stricts (par exemple, Generally Accepted Accounting Principles [GAAP], International Financial Reporting Standards [IFRS]). Certains pays imposent, pour des raisons fiscales, des normes supplémentaires ou des règles particulières. D’une manière générale, ces dernières n’affectent pas les aspects de la construction d’un bilan que nous allons aborder ici.

La finance est l’art d’utiliser les informations tirées du bilan (et des autres documents financiers) pour construire des budgets, évaluer des scénarios de développement de l’entreprise et prendre les décisions qui en découlent. Nous comprenons ainsi l’importance de la qualité des informations contenues dans les documents financiers.

Que trouve-t-on dans un bilan?
Un bilan est constitué deux grands groupes d’éléments :

• Les actifs que l’on peut définir comme les possessions de l’entreprise qui doivent lui fournir de la valeur financière dans le temps.
• Les passifs qui sont les sommes que l’entreprise doit à ses propriétaires, bailleurs de fonds, fournisseurs, Etat, employés…

Dans le livre d’Yves de Préville vous aurez :

• Pourquoi, dans la comptabilité en partie double (ou à double entrée), les actifs sont strictement égaux aux passifs.
• Ce qui différencie un investissement d’une charge et un revenu d’un capital.
• Comment « lire » un bilan.

Encaissements ou facturations

Il existe deux grandes façons de tenir une comptabilité :

• La méthode des encaissements par laquelle les revenus ne sont reconnus (c’est-à-dire enregistrés dans les livres comptables) que lorsqu’ils sont encaissés par l’entreprise, et les charges lorsqu’elles sont effectivement payées.

• La méthode des facturations par laquelle les revenus sont reconnus au moment où l’entreprise émet une facture, et les charges aussitôt que les factures des fournisseurs sont reçues.

Au sein des entreprises industrielles, seule la méthode des facturations est utilisée. La méthode des encaissements n’est utilisée que pour les très petites entreprises qui opèrent essentiellement sur une base de liquidités (par exemple, les commerces). Dans cet ouvrage, seule la méthode des facturations sera traitée.

Grands principes de la comptabilité

Pour que les différents agents économiques qui traitent avec une entreprise puissent comprendre les informations fournies par les documents financiers, un certain nombre de principes et de règles ont été édictés dont les plus importants sont:

• Le principe de cohérence. Il impose aux comptables d’appliquer les mêmes méthodes et procédures d’une période comptable à l’autre. (période comptable : temps écoulé entre deux bilans).

• Le principe de sincérité. Les comptables doivent refléter de bonne foi l’état financier de l’entreprise.

• Le principe de prudence. La réalité doit être représentée telle quelle : on ne doit pas essayer de faire paraître les choses sous un meilleur jour. Typiquement, un revenu ne devrait être enregistré que lorsqu’il est certain et une provision devrait être faite pour une charge qui est probable.

• Le principe de continuité d’exploitation. Dans les rapports financiers, on part de l’hypothèse que l’entreprise va durer dans le temps. Ce principe modère le principe de prudence : les actifs n’ont pas à être enregistrés à leur valeur de revente, et il est accepté qu’ils le soient à leur valeur historique actualisée.

• Le principe d’indépendance des exercices. Toute entrée comptable doit correspondre à la période où elle a son effet et cette entrée doit être divisée si elle a un effet sur plusieurs périodes. Les produits et les charges sont comptabilisés au fur et à mesure que ceux-ci sont acquis ou que celles-là sont engagées. Par exemple, si un client paie à l’avance un abonnement à cheval sur deux périodes, le revenu correspondant doit être réparti sur les deux périodes pro rata temporis et non enregistré à la date de la transaction.

• Le principe des coûts historiques. A leur date d’entrée dans le patrimoine de l’entreprise, les biens acquis à titre onéreux sont enregistrés à leur coût d’acquisition, les biens acquis à titre gratuit à leur valeur estimée et les biens produits à leur coût de production.

• Le principe d’intangibilité du bilan d’ouverture. Le bilan d’ouverture d’une période correspond exactement au bilan de clôture de la période précédente.

• Le principe de présentation complète. Toutes les informations et valeurs correspondant à une position financière de l’entreprise doivent être présentées dans les documents financiers.

Les deux principes qui retiendront le plus notre attention dans le livre d’Yves de Préville sont celui d’indépendance des exercices et celui des coûts historiques. Les autres concernent soit des notions élémentaires d’honnêteté (sincérité, cohérence, intangibilité du bilan d’ouverture, présentation complète), soit des aspects purement d’opérations comptables, ou encore sont les résultats d’une longue pratique (prudence, continuité d’exploitation).

> Pour en savoir plus

 Extrait du titre Finance d'entreprise clés en main d'Yves de Préville
Publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes

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