15/12/2010

Performance de projets, entre utopies et réalités

andresr071000318.jpgLes critères de succès versus les facteurs d’échec des projets, ont longtemps constitué un objet de débats au sein de la communauté des chercheurs et praticiens du management de projet. Au niveau des équipes de projets, ces débats prennent souvent l’allure d’une confrontation directe entre les métiers et le management de projet.


En effet, on considère encore que les critères de succès des projets se limitent globalement à l’atteinte des objectifs de délai, de coût, et de qualité (Triangle dit « d’or » ou « vertueux »), même en admettant une variation du poids de chacun de ces objectifs selon les types de projets, et que les outils classiques de planification et de contrôle d’exécution sont toujours prépondérants.Bien des études d’observation sur le terrain ont révélé que l’appréciation du succès du projet après la phase de livraison se fonde non seulement sur le degré d’atteinte des objectifs fixés au départ, mais aussi sur les conséquences, souvent non prévues et parfois considérables, pour les parties prenantes (client, maître d’oeuvre, maître d’ouvrage, communautés, environnement, etc.). Ces conséquences peuvent être à terme désastreuses ou bénéfiques, même si les objectifs de performance tels que fixés au départ ont été atteints ou non.

Ainsi, la question de la détermination des critères de succès des projets et des approches sous-jacentes de planification et d’exécution, se pose déjà dans les projets traditionnels, de type simple et mono-site. Celle-ci s’impose avec plus d’acuité face à l’accélération des changements dans l’environnement, avec comme conséquence triviale, une diminution dramatique de la visibilité informationnelle, autrement dit, l’augmentation de la part de l’incertain dans les phases préliminaires du cycle de vie du projet.

De plus, la globalisation des économies a induit de nouvelles formes de projets, avec une évolution prévisible vers encore plus de complexité. La multiplication des acteurs et des sites au-delà des cultures et des frontières physiques et temporelles, la sophistication et la variété des ouvrages, la difficulté des tâches d’ordre technologique et organisationnel à réaliser dans un contexte de changements rapides, sont autant de facettes de cette complexité.

La compréhension et l’analyse de ces différents défis, ainsi que la détermination d’axes possibles de réponse sont un enjeu considérable non seulement pour le management de projet, mais aussi pour le management tout court, compte tenu de l’évolution actuelle des entreprises par processus et horizontales vers un management par projets.

Le succès des projets ne se mesure pas seulement en termes de degré d’atteinte des objectifs de délai, de coûts et de performances techniques. Il se mesure également en termes de degré de satisfaction des parties prenantes, de l’impact sur l’environnement, de la qualité des connaissances générées, etc. C’est ce que nous désignons sous le vocable de performances sociotechniques, qui englobent également la qualité du produit du projet.

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Les auteurs :

Tayeb Louafa est docteur ingénieur en informatique et recherche opérationnelle à l’Université Pierre et Marie Curie de Paris, et docteur en management de la technologie à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, (EPFL).

Francis-Luc Perret est ingénieur EPFL en génie civil, licencié en Sciences économiques de l’Université de Lausanne et docteur en sciences du management de l’Université de Californie à Berkeley. Il est actuellement professeur ordinaire de logistique et management de projets à l’EPFL dont il assume également la Vice-Présidence pour la Planification et la Logistique.

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