30/11/2010

La Suisse entre ciel et terre

joseasreyes080800247.jpge « sacré », comme beaucoup de mots chargés d’histoire, est victime d’inflation sémantique. Il s’est affadi. Aux temps bibliques, il était encore l’attribut exclusif de Dieu, mais aujourd’hui, « sacré » s’applique à tout et n’importe quoi. Le café noir après le repas de midi, c’est « sacré », tout comme le cigare que l’on savoure en lisant son journal. Si dévaluées et superficielles qu’elles puissent paraître, de telles formules conservent cependant un reste de la signification originelle : quelque chose nous importe que l’on ne peut abandonner sans éprouver une perte essentielle. Est « sacré » ce qu’une collectivité ou un individu considère comme intouchable, constitutif de son identité, riche en émotions et en souvenirs ; sont sacrés l’objet ou le phénomène dont la disparition est ressentie comme une perte d’existence. C’est aussi ce qui promet le salut, ce qui est salutaire. Intangible, le sacré relève d’une sphère dont la rationalité échappe à la pensée positive propre à la modernité. En ce sens, il exige le respect ; car il est environné d’une aura, celle du numineux, de ce que l’on ne peut approcher ; il en émane le rayonnement de l’inaccessible. Ce que la société, en dernier ressort, classe dans le sacré, ce n’est pas la ratio qui le détermine, mais les besoins de l’inconscient, qui se dérobent à une analyse strictement intellectuelle…

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16:45 Publié dans Religion | Tags : coyances, religions, dieu | Lien permanent | Commentaires (0)

Le DFAE dans le piège des droits de l’homme

800px-UN_General_Assembly_hall.jpg« La création du Conseil des droits de l’homme est un grand succès pour notre diplomatie. Je n’ai pas peur de dire que ce nouvel organe est une “idée suisse”. Nous l’avons formulée en 2003, puis je l’ai présentée moi-même à la Commission des droits de l’homme en mars 2004. […] Au départ, c’était une utopie. Nous avons contribué à en faire une ambition. » (Le Temps, 16 mars 2006) . C’est en ces termes que s’est exprimée la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), lors de la création formelle du Conseil des droits de l’homme, le 15 mars 2006. Comme le suggère la magistrate, la diplomatie suisse n’avait pas craint de s’engager résolument dans ce processus de réforme qui a conduit au remplacement d’un organisme très critiqué de l’ONU, la Commission des droits de l’homme (« la Commission ») par le Conseil des droits de l’homme (« le Conseil »).

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16:39 Publié dans Politique | Tags : politique, droit, justisse | Lien permanent | Commentaires (0)

Le renouveau des transports publics

hfng061200010.jpg“L’autobus est un véhicule dans lequel il y a toujours de la place quand il va dans la direction opposée” Alphonse Allais

Tramways, trolleybus et bus parcourent nos villes, rythment la vie des passagers, animent les rues de leur présence devenue banale. Pourtant leur histoire, leur technologie, et même leur pérennité sont riches de surprises.

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16:37 Publié dans Société | Tags : transports | Lien permanent | Commentaires (0)

Les villes vues dans un flux d’eau

hanhanpeggy090100180.jpgL’eau fluide et invisible circule dans les sous-sols de nos villes depuis près de cent cinquante ans. Il est étrange que les enjeux politiques de sa gestion soient rarement discutés. N’est-ce pas l’eau qui, tout simplement, rend possible la vie humaine ? Mais elle accomplit davantage. C’est l’eau, en vérité, qui permet le fonctionnement des espaces urbanisés. A côté des lignes de transports publics, des routes, des câbles électriques et des systèmes d’information, ses réseaux composent les veines et les artères de notre métabolisme quotidien.

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Francesco Borromini: le mystère et l’éclat

Santa%20Lucia%20in%20Selci%202.jpg« L’infamie de notre siècle » : voilà dans quels termes on a pu décrire l’un des chefs-d’oeuvre de Francesco Borromini, quelques années après sa mort. Cent ans plus tard, le jugement n’a guère changé : Borromini ? Un « maître en l’art de détruire », coupable d’avoir donné au monde « les plus grands modèles de bizarrerie ». Le dix-neuvième siècle ne sera pas beaucoup plus tendre. Jakob Burckhardt, l’illustre auteur de la Civilisation de la Renaissance en Italie, qualifiera de « délires » et de « fantaisies déchaînées » les créations architecturales de son compatriote.

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16:15 Publié dans Figures | Tags : art | Lien permanent | Commentaires (0)

La faune suisse disparaît

.tetras_munier_m.jpgSi l’on ne considère que les groupes bien connus, le constat est implacable : 1272 espèces animales sont menacées en Suisse. Pire encore : chaque année une espèce animale disparaît. Depuis 1875, date du premier texte de loi fédérale sur la protection de la faune, 134 des 2728 espèces pour lesquelles il existe suffisamment de données historiques ont déserté le territoire helvétique, soit 5 % de cette partie connue. Et chez les autres groupes ? Face à cette régression généralisée, il n’y a aucune raison de croire qu’ils aient été épargnés. Selon cette proportion, ce n’est pas une, mais vingt espèces qui disparaissent peut-être annuellement.

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L’école et ses réformes

regenbogen090600026.jpgL’école est née dans le terreau fertile des civilisations, elle est sans doute aussi ancienne que l’écriture. En Helvétie, les Romains créent dans les premiers siècles de notre ère un réseau d’écoles municipales. Celui-ci s’étiole dès le 5e siècle sous la poussée des invasions barbares. Un siècle avant sa chute, l’Empire romain avait adopté le christianisme ; la nouvelle religion s’était implantée dans toutes les provinces, et c’est l’Eglise qui reprend timidement la tâche d’un enseignement organisé. Les bénédictins ouvrent leurs premières écoles monacales au 6e siècle. Les plus célèbres sont celles de Saint-Gall et d’Engelberg. Elles comprennent deux divisions : l’une pour les futurs moines et l’autre pour les enfants de la noblesse. On y pratique, en latin, la prière, le chant, la lecture et l’écriture. Il existe aussi des abbayes où sont instruites les jeunes filles, comme celle de Bischoffsheim en Alsace.

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Les réalités helvétiques transfigurées…

picturelake070400013.jpgEn 1815, un étudiant d’Oxford, John Milford, émit le voeu d’écrire un livre sur son récent voyage en Suisse. Son vieux professeur le mit en garde : « Le sujet est épuisé ; faites-moi confiance, Monsieur, ça n’ira pas. » Le jeune homme négligea cet avis et bourra deux gros volumes de lieux communs. On y trouve pêle-mêle des remarques sur l’histoire et la politique des cantons, sur le sublime et sur tout ce qui est factice dans les Alpes, avec des anecdotes pas très intéressantes sur les moeurs des autochtones rencontrés en chemin.

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Plan Rail 2050

hfng061200010.jpgL’histoire du chemin de fer se confond avec l’épopée industrielle du fer et du charbon. a partir du premier train à vapeur reliant dès 1825 Stockton à Darlington, en Angleterre, le développement du chemin de fer est ininterrompu, dans le monde entier, jusqu’au début du 20e siècle. Aux Etats-Unis, l’indice économique le plus populaire, le Dow Jones, repose à sa création, en 1884, essentiellement sur les valeurs des actions de neuf grandes compagnies ferroviaires américaines. Mais l’invention du moteur à explosion, l’apparition de la voiture automobile et la construction des réseaux d’autoroutes vont concurrencer le chemin de fer sur les plans régional, national et international. Avec l’apparition de l’avion à réaction, le trafic ferroviaire à longue distance paraît condamné.

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Cybercriminalité: le visible et l’invisible

cybercrime.jpgCitoyens détroussés, enfants en danger, entreprises ruinées, Etats menacés, les cybercriminels étendent leur emprise en même temps qu’Internet se développe. Nous ne les voyons pas, nous ne les connaissons pas, nous ne nous en méfions pas et c’est leur force. Pourtant, nous sommes tous concernés. Qu’il s’agisse de manipulation d’opinion, d’espionnage, d’usurpation d’identité, de terrorisme, de harcèlement, d’escroquerie, de délinquance, de fraude financière ou de diverses formes de délinquance, la cybercriminalité touche la société dans son intégralité.

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15:46 Publié dans Science | Tags : cybercriminalité | Lien permanent | Commentaires (1)

Les partis politiques: acteurs de l’histoire suisse

index.html?lang=fr&image=M3wBKQDW_8ullqDu36WcnojN14in3qSbnpWVZGqal06p1rJdsYfsi6rPnqCdno7BLes acteurs nécessaires de la démocratie
Dans les Etats occidentaux, les partis politiques modernes apparaissent dans le dernier tiers du 19e siècle, en lien indirect avec l’affermissement des régimes parlementaires. Ils ont une préhistoire. de tout temps, la vie politique des nations s’est déroulée au rythme des luttes entre factions opposées. Mais les « clans » politiques d’autrefois ne possédaient pas l’organisation des partis actuels. Ils regroupaient ceux qui défendaient une cause commune et qui avaient réuni leurs forces afin d’atteindre l’objectif fixé et de faire respecter leurs intérêts.

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Existe-t-il encore un secret bancaire ?

paulfleet090100013.jpgPendant des décennies, poser cette question en Suisse eût été incongru. La discrétion assurée aux clients des banques était considérée comme un pilier immuable de l’ordre juridique helvétique – presque au même titre que la neutralité, la démocratie directe ou le fédéralisme. La défense des patrimoines face à la voracité des fiscs, notamment étrangers, reflétait les valeurs fondamentales de la Confédération : protection de la vie privée face à l’Etat, respect de l’argent et de la richesse, souveraineté du pays. Se proclamer ennemi du secret bancaire, c’était, dans l’esprit de beaucoup, trahir les intérêts nationaux, faire preuve d’un manque de patriotisme.

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15:23 Publié dans Economie | Tags : secret bancaire | Lien permanent | Commentaires (0)

Un vent nouveau sur les administrations publiques

3dfoto090500094.jpgL’administration publique semble être condamnée à se moderniser. Parler d’elle, c’est évoquer une «bureaucratie», par définition lourde, inefficace, lente et paperassière. Dans tous les pays et à toute époque, l’organisation des collectivités publiques a fait naître chez les administrés une méfiance et une crainte instinctive devant un processus d’alourdissement, de renfermement sur les habitudes, de négligence croissante. En réaction, cette dégradation administrative qui paraît consubstantielle, a suscité ce que certains chercheurs ont pu appeler une «tradition de modernisation».

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Les paradoxes de la mobilité

sielan070800007.jpgIl est courant d’entendre que nous vivons dans une société «hypermobile». Nous voyons que les moyens de télécommunication et de transports rapides ont changé le monde et que les territoires s’estompent au profit d’un monde dominé par des flux. Certes, nous bougeons de plus en plus vite et nous allons de plus en plus loin. En termes de flux, voici quelques chiffres sur la croissance sans précédent des distances que nous parcourons: entre 1970 et 2005, le trafic des voyageurs (tous moyens de transports confondus) est passé en Europe de l’Ouest de 2 à 5 milliards de kilomètres par an.

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15:19 Publié dans Science | Tags : sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

Jean Piaget : de la biologie à l’épistémologie

ktsdesign090800001.jpgSans Jean Piaget (1896-1980), l’histoire de la psychologie et de la pédagogie au 20e siècle aurait pris un autre cours. Ses théories du développement cognitif et moral ont exercé une influence durable sur la recherche en psychologie et sur le discours pédagogique. Cependant, si Piaget fut un psychologue de l’enfant, ce n’était pas parce que les enfants l’intéressaient particulièrement : son but fut d’élaborer une théorie globale de la connaissance, de la pensée et du savoir. C’est pourquoi il écrivit et enseigna dans les domaines de la zoologie, de la théorie de l’évolution, de la philosophie, de la théologie, de la psychologie, de la sociologie, de la pédagogie, des mathématiques, de la logique, de la théorie de la connaissance et de l’histoire des sciences. Ces contributions, qui couvrent près de 30 000 pages, constituent un système complet, qui prend place dans la tradition universaliste des Lumières, et qui entend contribuer non seulement à expliquer le monde, mais encore à l’améliorer. Ce projet a fasciné beaucoup de ses contemporains et suggéré d’établir des ponts entre diverses sciences.

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Sommes-nous sortis de la religion?

ruivalesousa070300279.jpgL’analyse du phénomène religieux est devenue fort complexe au fil du temps. Les auteurs des théories les plus radicales en la matière, peut-être pris de vertige devant le vide sidéral qu’ils décrivent ou saisis d’angoisse au prononcé d’un blasphème, ont tempéré leurs propos. L’athéisme de conviction, à ne pas confondre évidemment avec l’athéisme envisagé par méthode, est une attitude plutôt rare. C’est en tout cas ce que nous apprennent les enquêtes qui ont été menées à ce sujet en europe. A cela s’ajoute que plusieurs auteurs ont confondu le constat des bancs d’église vides avec la dilution de la religion. Certains ont ensuite infléchi leur interprétation.

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15:14 Publié dans Religion | Tags : sciences, religion | Lien permanent | Commentaires (0)