30/11/2010

Le renouveau des transports publics

hfng061200010.jpg“L’autobus est un véhicule dans lequel il y a toujours de la place quand il va dans la direction opposée” Alphonse Allais

Tramways, trolleybus et bus parcourent nos villes, rythment la vie des passagers, animent les rues de leur présence devenue banale. Pourtant leur histoire, leur technologie, et même leur pérennité sont riches de surprises.


En Suisse, la création des réseaux de transport public urbain à la fin du 19e siècle s’est révélée aussi mouvementée qu’un roman. Luttes régionales pour obtenir des subventions, batailles entre les promoteurs et les autorités, développements astucieux pour évincer d’abord les chevaux puis la vapeur, faillites, municipalisation des bénéfices privés : tels sont les thèmes, toujours actuels, qui jalonnent cette histoire.

Nous évoquerons ses rebondissements. Dans les années 1960 les trams semblaient voués à un irrémédiable déclin et le triomphe de l’automobile les fit apparaître aux yeux des détracteurs comme de la ferraille sur rail. Nous les verrons tomber en obsolescence. Nous verrons naître pour eux un nouvel enthousiasme.

Les transports publics ne sont pas seulement une affaire de planificateurs, d’exploitants et de clients. La Suisse voit souvent intervenir à leur propos le peuple souverain. Les citoyens et citoyennes sont régulièrement appelés aux urnes, par exemple à Zurich pour décider s’il faut construire un métro, à Bâle s’il faut garder les trams, et en maintes autres villes et cantons s’il faut consentir de lourds investissements pour que toute une région bénéficie d’un meilleur service. Ce livre traite d’un pays où la démocratie directe, quelle que soit d’ailleurs la tournure des scrutins, oriente fortement les lignes directrices du développement – comme l’illustrent dans les années 2000 les votations sur le métro lausannois M2 ou les prolongations de trams à Berne et à Zurich.

En ce début du 21e siècle, nous avons le sentiment de retrouver le contexte d’il y a 100 ans : les innovations technologiques sont de nouveau à l’honneur : Lausanne se targue de mettre en circulation un métro automatique sur une ligne qui offre la plus forte pente du monde, Genève inaugure des méga-trolleybus, et une incroyable course aux subventions fédérales est lancée. Dans toute la Suisse, des projets ont avancé au pas de charge afin de bénéficier de financements de la Confédération avant une date-couperet fixée en 2008. Trente « projets d’agglomération » ont été déposés à ce titre impliquant des travaux pour un montant total estimé à 17 milliards de francs.

> Pour en savoir plus

> Lire le premier chapitre

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

L'auteur :

Né en 1971, Christophe Jemelin a suivi des études de géographie, histoire et sciences politiques à l’Université de Lausanne. En 2004, il a soutenu sa thèse de doctorat à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, sur le thème de la qualité de service des transports publics urbains en Suisse et en France. Ses travaux de recherche sont consacrés à l’analyse de la mobilité (traitement statistique d’enquêtes de transport en Suisse et en France) et à l’étude de l’image des transports publics et de l’automobile auprès de la population. Il est également co-auteur de l’Atlas des mutations spatiales de la Suisse, paru en 2006.

16:37 Publié dans Société | Tags : transports | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.