30/11/2010

La faune suisse disparaît

.tetras_munier_m.jpgSi l’on ne considère que les groupes bien connus, le constat est implacable : 1272 espèces animales sont menacées en Suisse. Pire encore : chaque année une espèce animale disparaît. Depuis 1875, date du premier texte de loi fédérale sur la protection de la faune, 134 des 2728 espèces pour lesquelles il existe suffisamment de données historiques ont déserté le territoire helvétique, soit 5 % de cette partie connue. Et chez les autres groupes ? Face à cette régression généralisée, il n’y a aucune raison de croire qu’ils aient été épargnés. Selon cette proportion, ce n’est pas une, mais vingt espèces qui disparaissent peut-être annuellement.


Comment sauver cette faune en péril ?

Les études ne suffisent pas. Il est temps d’agir. C’est le défi qu’essaient de relever les zoologues suisses spécialisés dans une branche relativement récente : la biologie de la conservation (Conservation Biology). Le terme désignant cette discipline a été mal choisi mais son objectif est bien d’agir sur la sauvegarde des espèces (leur conservation) non seulement en étudiant leur manière de vivre (leur biologie) mais en appliquant également des mesures qui les favorisent. A l’image de l’ingénieur forestier qui sait ce qu’il doit faire pour qu’un arbre particulier s’épanouisse, le biologiste en charge d’un plan d’action pour une espèce connaît les mesures à prendre sur le terrain. Dans cette gestion l’interdisciplinarité est de mise. En fonction des cas, le zoologue collabore avec le généticien, le pédologue, l’hydrogéologue, le botaniste, le forestier, le cartographe, mais parfois aussi avec le physiologiste, le biochimiste, le climatologue et même l’ingénieur du son, l’aviateur, le photographe ou le cinéaste !

Le programme de conservation des oiseaux en Suisse : cinquante espèces prioritaires

Dans cet ouvrage, les cas de sept espèces d’oiseaux illustrent la complexité des recherches et des programmes concrets de conservation de la faune. Nous sommes là dans le groupe faunistique pour lequel existent le plus grand nombre d’études et sur une durée qui avoisine le siècle.

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L'auteur :

Blaise Mulhauser (1964), biologiste de formation, est Conservateur des vertébrés au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel. Il est membre de deux groupes d’experts au sein de la Species Survival Commission (SSC) de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN). Il a notamment œuvré à la mise en place de méthodes non invasives de suivi de populations d’oiseaux forestiers à l’aide de la bioacoustique. Il est également le Président de l’association SORBUS, spécialisée dans les interventions sur le terrain pour la sauvegarde des espèces menacées et co-auteur de plans d’action pour la sauvegarde du grand tétras et du pic mar. Sur le plan international, il a initié le «manifesto for Apes and nature» avec des primatologues du monde entier, afin d’enrayer la régression des grands singes en Afrique et en Asie.

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