30/08/2018

Une Suisse à 10 millions d'habitants

9426261-symbole-de-population-demographie.jpgAuparavant confinée au seul cercle des spécialistes, l’évolution démographique de la Suisse est désormais le sujet fréquent des discussions publiques et politiques. Diverses raisons expliquent cet engouement pour l’étude des populations suisses: avec le franchissement du cap symbolique des huit millions d’habitants en été 2012 se pose en effet la question de la population maximale que peut supporter le pays.

 

La suisse une croissance incontrôlable ?

Le sentiment de saturation des transports publics s’accroît dans les grandes agglomérations genevoise et zurichoise, au rythme de leur rapide développement, et suscite les débats.  En outre, la raréfaction des logements disponibles à des prix abordables se ressent dans les grandes villes. Par ailleurs, l’accroissement de l’immigration observé depuis 2002 alimente aussi les discussions sur la taille de la population suisse et sur un seuil démographique maximal. L’attention restera vive aussi longtemps que la croissance se poursuivra.

te%CC%81le%CC%81chargement.jpegPour certains, cette croissance est incontrôlable et conduit à des atteintes environnementales inacceptables. Le terme de « surpopulation » est articulé et suscite des réactions fortes : l’initiative populaire Ecopop qui demande de limiter la croissance démographique a ainsi recueilli près de 120000 signatures au début de la décennie 2010 et rencontré un écho favorable dans une partie de la population. L’immigration, principal facteur de la croissance, serait trop importante, en raison des tensions qu’elle génère au niveau des infrastructures et des risques qu’elle engendre pour la cohésion sociale. Mettre un frein à la migration garantirait, selon Ecopop, une meilleure qualité de vie.

Pour d’autres, la croissance démographique et l’immigration résultent d’une situation économique florissante et ralentissent le vieillissement de la population. Elles seraient une chance, une opportunité pour une Suisse privilégiée en comparaison d’autres pays voisins, même si cette évolution implique de nombreux défis économiques, sociaux et politiques.

Ces positions divergentes reflètent l’intensité du débat sur la taille idéale de la population et sur les politiques futures. Une population en augmentation, stabilisée ou en diminution ? Si les opinions sont variées, les réponses à cette question ne sont que rarement étayées d’études et de réflexions objectives, bien que des outils scientifiques soient disponibles, non seulement pour interpréter l’évolution démographique, mais aussi pour prévoir les tendances à venir, identifier les conséquences sociétales et définir les défis à relever.

Un vieillissement modéré

te%CC%81le%CC%81chargement-1-300x139.jpegFin 2012, la structure de la population suisse en fonction de l’âge est la suivante : 20,4% des habitants étaient âgés de moins de 20 ans, 62,2% de 20 à 64 ans révolus et 17,4% de 65 ans et plus. Ainsi, trois résidents sur cinq sont en âge d’exercer une activité professionnelle. Cependant, cette part diminue régulièrement au profit des âgés du fait du vieillissement de la structure démographique qui s’observe depuis plus d’un siècle. Ainsi, en 1948, au moment de l’introduction de la rente du premier pilier (rente AVS), le pays dénombrait 6,5 personnes en âge de cotiser (de 20 à 64 ans) pour un retraité (65 ans et plus). Aujourd’hui, le rapport est de 3,6 actifs pour un retraité et il sera de 2,8 en 2030.

Cependant, le vieillissement démographique, mesuré d’après le nombre de retraités pour chaque personne en âge d’exercer une activité (rapport de dépendance), est plutôt faible en Suisse, comparé à la situation des Etats voisins. Selon les données d’Eurostat, la Suisse dénombrera 27 personnes âgées de 65 ans et plus pour 100 personnes âgées de 15 à 64 ans en 2015, soit une valeur inférieure à celle de l’UE-28 (28,5). L’Italie (33,1 retraités pour 100 actifs) et l’Allemagne (32,5) présenteront les niveaux européens les plus élevés.

Ainsi que l’indique la pyramide des âges en Suisse (figure ci-dessous), les générations en vie aujourd’hui sont de taille très variable. Les générations du baby-boom sont très étoffées, en particulier celles nées au début des années 1960, qui se situent désormais en seconde moitié de vie active. Ces cohortes ont bénéficié d’un nombre élevé de naissances, mais aussi d’un apport migratoire important. Un tiers de la génération de 1964 est ainsi né à l’étranger. A l’opposé, les cohortes d’enfants, situées à la base de la pyramide des âges, sont moins garnies.

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Cet article traitant de la croissance démographique Suisse n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète du sujet.

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A lire aussi : Qu'est ce qui fait la Suisse d'aujourd'hui ?

Qu'est-ce qui fait la Suisse d'aujourd'hui?

images-300x147.jpegAuparavant confinée au seul cercle des spécialistes, l’évolution démographique de la Suisse est désormais le sujet fréquent des discussions publiques et politiques. Diverses raisons expliquent cet engouement pour l’étude des populations suisses: avec le franchissement du cap symbolique des huit millions d’habitants en été 2012 se pose en effet la question de la population maximale que peut supporter le pays

1850-2010: Une démographie galopante

Un siècle et demi de croissance Suisse

te%CC%81le%CC%81chargement.jpegUne mise en perspective est nécessaire afin de mieux appréhender les spécificités de la croissance démographique suisse. A la constitution de l’Etat fédéral en 1848, la Suisse comptabilisait 2,4 millions d’habitants. Depuis, le pays a connu une évolution contrastée, avec des périodes de croissance forte et d’autres, plus rares, de relative stabilité. Seules deux périodes de courte durée ont été marquées par une diminution de la population (en 1918 et entre 1975 et 1978, figure suivante). A la fin du 19e siècle, la Suisse compte trois millions d’habitants, et il faut attendre 35 ans pour qu’elle atteigne le seuil des quatre millions (1927), puis 29 années supplémentaires pour dépasser les cinq millions (1956). Durant la seconde moitié du 20e siècle, sous l’effet de la hausse des naissances observée dans la période de l’après- guerre (le baby-boom) puis d’une forte migration, la population s’accroît à un rythme plus rapide, pour atteindre six millions d’habitants en 1968, puis sept millions en 1995. Dix-sept ans suffisent ensuite pour arriver à huit millions d’habitants en 2012.

La figure suivante présente sous la forme de barres les taux d’accroissement pour la période comprise entre 1860 et 2012. Ces taux prennent en compte la croissance naturelle (différence entre les naissances et les décès) et la croissance migratoire (différence entre les immigrants et les émigrants), représentées également sur la figure. Quatre épisodes de forte croissance (dépassant 10‰) sont identifiables.

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Le premier correspond aux années 1880 à 1910, marquées à la fois par une fécondité élevée et des flux migratoires plutôt importants: en 1910, on dénombre déjà près de 15% d’étrangers en Suisse.

Le deuxième est celui du baby-boom, et s’étend de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’au milieu des années 1960. Il se caractérise certes par un nombre élevé de naissances, mais aussi par une immigration massive : en 1961, le solde migratoire (différence entre le nombre d’entrants et le nombre de sortants) dépasse pour l’unique fois dans l’Histoire de la Suisse le seuil des 100000 personnes.

Plus court, le troisième épisode prend place entre 1985 et 1995 et s’explique principalement par les flux migratoires, plus précisément par l’arrivée massive de réfugiés de pays marqués par des crises politiques (pays des Balkans, Turquie et Sri Lanka) ainsi que des travailleurs de l’Europe du Sud (péninsule Ibérique).

Enfin, le quatrième épisode commence au début des années 2000 et perdure encore. Il est quasi exclusivement dû à la migration de proximité, issue de l’Europe communautaire, dont les causes et les conséquences seront détaillées plus loin. En 2008, le solde migratoire atteint l’effectif de +98200, une valeur qui avoisine le record de 1961. La migration internationale a progressivement pris de l’ampleur et représente aujourd’hui le principal facteur d’évolution démographique. Depuis 1970, la natalité joue pour sa part un rôle plus modeste, quoique toujours positif, dans la croissance.

Un taux de croissance plus important que ses voisins européens

Le rythme d’accroissement actuel de la population suisse, qui augmente d’environ 80000 personnes chaque année (soit un taux de croissance supérieur à 10‰), diverge de ce qui est observé dans la plupart des pays européens. Selon les estimations pour l’année 2013, sur le Vieux Continent, seuls Chypre (15‰), la Turquie (12‰), l’Irlande (12‰) et le Luxembourg (11‰) affichent un taux supérieur à celui observé en Suisse. Les pays limitrophes présentent pour leur part une croissance beaucoup plus faible, à l’instar de la France (5‰) et de l’Italie (3‰). La population est stabilisée en Autriche, mais elle diminue en Allemagne (–2‰). La Suisse se distingue des pays voisins sur un plus long terme également. Depuis 1950, la population a augmenté de 60%, contre 20% en Allemagne et en Autriche, et 50% en France. L’expansion de la population suisse a été plus forte que celle enregistrée pour l’ensemble du monde industrialisé, bien qu’elle reste plus faible que celle mesurée aux Etats-Unis (90%).

images-1.jpegCette évolution s’inscrit dans le contexte de la transition démographique, une théorie qui explique la baisse universelle de la mortalité et de la natalité. Le décalage entre le rythme de déclin de la mortalité et de la natalité conduit à une croissance naturelle, le nombre des naissances étant supérieur à celui des décès (solde naturel positif). Depuis les années 1960 cependant, l’effet «transition» s’est estompé et l’apport naturel a progressivement diminué. Il reste cependant positif, mais plus faible (de l’ordre de 2‰ contre 5 à 10‰ jusqu’en 1965), comme on peut l’observer à la figure ci-dessus. En revanche, la migration internationale est devenue le principal facteur de l’évolution démographique.

Cette migration trouve sa source dans une conjoncture économique et une stabilité politique favorables. Elle s’explique aussi par un effet purement démographique, observable au cours des années 1960 et de la première décennie 2000. En effet, à la fin des années 1950, les générations peu nombreuses de l’avant- guerre arrivent sur le marché du travail. Comme leur effectif ne suffit pas à satisfaire la demande de main-d’œuvre, les actifs qui font défaut en Suisse sont recrutés à l’étranger. Quarante ans plus tard, ce phénomène de migration de remplacement s’observe à nouveau : les générations nées entre 1970 et 1985 étant peu étoffées, l’économie doit faire appel à des étrangers pour disposer des compétences faisant défaut en Suisse.

Les dates clés de l'évolution démographique Suisse

Le tableau suivant résume les dates-clés de l’évolution démographique de la Suisse et illustre les changements observés. La natalité connaît une forte diminution à la fin du 19e et au début du 20e siècle, pour atteindre un plancher de 62500 naissances en 1937. Cette même année, le nombre moyen d’enfants par femme passe pour la première fois sous le seuil de 2. Cependant, à la fin de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1965, le baby-boom entraîne une hausse du nombre des naissances culminant à 113 000 en 1964 (2,6 enfants par femme). Par la suite, ce chiffre chute rapidement (moins de 72 000 en 1978, soit 1,5 enfant par femme). Quant à la mortalité, elle diminue régulièrement sur l’ensemble des 160 années, si l’on excepte quelques crises sanitaires dont la plus marquante est la grippe espagnole de 1918.

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A lire aussi : Une Suisse a 10 millions d'habitants

Extrait du titre Une Suisse à 10 millions d'habitants 
De Philippe Wanner 
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

Le jury du Prix Roberval désigne le meilleur livre de l'enseignement supérieur

gagnant-300x171.jpgLa 30e édition du Prix Roberval s’est achevée, le 16 janvier 2018, par la remise du Prix Enseignement Supérieur à l’Institut de France (Paris 6e) dans la « grande salle des séances ».

Après une cérémonie où science et culture sont harmonieusement mêlées, le Prix Roberval Enseignement Supérieur a été décerné au TGC 18 - Mécanique des sols et des roches - de Laurent Vulliet, Lyesse Laloui et Jian Zhao, publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes. Le Prix Roberval 2017 consacre ainsi cette œuvre comme le meilleur livre d'enseignement supérieur en langue française.

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Prix Roberval 2017, catégorie Enseignement supérieur, à l’Institut de France © Académie des Sciences 2018 

 

Le Prix Roberval est un concours international francophone qui récompense des œuvres littéraires, audiovisuelles ou multimédias consacrées à l'explication de la technologie.

La mécanique des sols et la mécanique des roches sont des disciplines généralement traitées séparément dans la littérature.

Pour la première fois, un traité réunit ces deux spécialités, en intégrant également les connaissances en lien avec les écoulements souterrains et les transferts thermiques. A la fois théorique et pratique, cet ouvrage propose tout d’abord une description détaillée de la nature et de la composition des sols et des roches, puis s’attache à la modélisation de problèmes aux conditions limites et présente les essais permettant de caractériser les sols et les roches, tant d’un point de vue mécanique qu’hydraulique et thermique.


La problématique des sols non saturés et des écoulements multiphasiques est également abordée. Une attention particulière est portée aux lois de comportement mécanique et à la détermination de leurs paramètres par des essais in situ et en laboratoire, et l’ouvrage offre également une présentation détaillée des systèmes de classifications des sols et des massifs rocheux, ainsi que du comportement des fondations, des pressions sur les écrans, de la stabilité des pentes et du comportement des cavités souterraines.

Spécifiquement conçue dans un esprit d’ingénierie, cette référence sans équivalent se réfère aux normes les plus récentes, et ceci dans une perspective internationale. Elle s’adresse tout autant aux professionnels de la construction, aux ingénieurs géotechniciens, aux géologues et aux responsables de laboratoires d’essais sur les géomatériaux qu’aux étudiants en génie civil, géologie, mécanique, sciences de la terre, ingénierie des mines, environnement et pédologie.

Toutes nos félicitations aux auteurs, le Professeur Laurent Vuillet, le Professeur Lyesse Laloui et le Professeur Jian Zhao!

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Mourir - Que savons nous sur la mort ?

te%CC%81le%CC%81chargement-4-1.jpegLa mort, avec la naissance, est l’unique événement qui concerne, c’est inéluctable, tous les êtres humains.  Si nos connaissances sur le commencement de la vie sont multiples et précises, la mort, elle, reste un domaine encore largement inexploré.

Mais que savons-nous sur le « mourir », ce moment où la vie s’arrête ? Surprise, la plupart des questions restent ouvertes. A commencer par la plus importante : pourquoi mourrons-nous ?

Pourquoi mourrons-nous ?

te%CC%81le%CC%81chargement-2-1.jpegLa question n’est pas si banale. Recourant à des manipulations génétiques, des chercheurs ont réussi à prolonger, apparemment de façon illimitée, la vie d’organismes inférieurs – une algue par exemple. De leur côté, les théoriciens de l’évolution apportent une explication scientifique à la limitation de la durée de la vie biologique. Selon l’hypothèse dite de l’«ADN égoïste», tous les organismes vivants ne sont que des machines biologiques dont le but est de maximiser la transmission, la multiplication et le mélange de leur matériel génétique.

Si l’on suit ce raisonnement, la fonction bio-évolutive d’un organisme vivant s’épuise quand il a engendré le plus de descendants possibles et veillé à leur survie jusqu’à l’âge où ceux-ci sont à leur tour capables de se reproduire. Après quoi, cet organisme devient un concurrent de ses propres descendants pour l’accès à la nourriture, sans plus aucun avantage pour la diffusion de ses gènes. Il devrait alors disparaître le plus vite possible au profit de son espèce. De toute évidence cette logique ne s’applique plus à l’homme évolué.

Le processus d'autodestruction de notre corps

Si l’on sélectionne la rubrique « mort » dans l’index d’un manuel de physiologie, on trouve des informations, mais seulement sur la mort de cellules individuelles, celle de parties de tissus ou éventuellement celle d’organes.

te%CC%81le%CC%81chargement-1-2.jpegLa mort cellulaire a été très bien étudiée car elle joue un rôle déterminant dans le développement embryonnaire. Le processus physiologique de la mort cellulaire programmée est appelé apoptose : au cours de la croissance et de la différenciation des organes, des cellules sont formées en quantité superflue et se trouvent en concurrence pour une quantité limitée de facteurs de croissance. Les cellules surnuméraires sont naturellement écartées et meurent, mais pas « gratuitement » : elles activent des gènes d’autodestruction et précipitent leur fin au profit du reste de la collectivité.

Voilà qui confère un sens inattendu à l’ancien proverbe « media vita in morte sumus » (au milieu de la vie nous sommes entourés par la mort). La mort ne nous accompagne pas seulement dès notre naissance mais déjà bien avant celle-ci ; elle est la condition sine qua non pour que nous venions au monde sous la forme d’organismes viables.

LA MORT DES ORGANES et la régénération

On sait que des parties d’organe ou même des organes entiers peuvent mourir sans conséquence fatale pour l’organisme affecté. Une limitation de la circulation sanguine est la cause principale de la mort d’un organe ou d’une partie d’organe. C’est le cas lors d’un infarctus cérébral ou d’un infarctus du myocarde. L’autre cause, c’est un traumatisme, par exemple lorsque la rate se déchire ou se rompt. S’il le faut, on peut vivre sans rate, avec un seul rein ou un seul poumon. Mais on ne vit pas sans cœur ni sans cerveau ; l’organisme ne peut survivre que si ces deux organes n’ont subi que des lésions partielles.

images-2-1.jpegLes membres d’un organisme peuvent aussi mourir et être amputés sans que cela entraîne forcément la mort. De nombreuses espèces animales reconstituent des organes détruits voire des membres entiers par régénération. Cette capacité s’est toutefois réduite avec la spécialisation et la complexification des organes au cours de l’évolution. Chez l’être humain, le foie possède une grande capacité de régénération, la peau également. Des découvertes récentes ont montré que même le cerveau peut partiellement se régénérer après une lésion grâce aux cellules souches neuronales. Cette alternance entre la vie et la mort nous accompagne donc depuis notre conception jusqu’à notre décès.

LA MORT DE L’ORGANISME

La cause immédiate de la mort la plus souvent indiquée sur les certificats de décès est l’« arrêt cardio-respiratoire », c’est-à-dire l’arrêt de la fonction cardiaque et de la circulation sanguine. Qu’est-ce qui provoque vraiment la mort d’un organisme ? Quand survient-elle exactement ? Les études sont rares. Elles seraient pourtant très utiles, car les médecins sont souvent les premiers surpris par le déroulement du décès de leurs patients.

te%CC%81le%CC%81chargement-3-1-300x158.jpegPresque tous les médecins peuvent parler de patients qui ont continué à vivre un certain temps, démentant tous les pronostics cliniques. Plusieurs fonctions vitales de leur organisme étaient défaillantes, mais ils résistaient. Le cas inverse est aussi bien connu: des personnes très âgées et/ou gravement malades ne sont de loin pas en phase terminale, mais leur décès surprend les médecins qui ne réussissent pas à identifier une cause plausible, même avec une autopsie. Comment l’expliquer ?

Nous savons avec certitude que l’être humain ne meurt pas «d’un seul coup». Les organes s’épuisent à des vitesses et à des moments différents avant leur arrêt définitif.

En principe, la perte de la capacité fonctionnelle de chaque organe vital peut entraîner la mort. Sont concernés le cœur, les poumons, le foie, les reins et le cerveau. Tous les processus qui mènent au décès découlent d’une lésion directe ou indirecte d’un ou de plusieurs de ces organes vitaux. Sur le plan physiologique, on distingue donc cinq types de décès, cardio-vasculaire, pulmonaire, hépatique, rénale et cérébrale.

images-3-1-300x150.jpegDe nombreux décès résultent d’une combinaison de deux ou plusieurs de ces processus, par exemple lorsqu’une personne atteinte de démence avancée meurt d’une pneumonie. Il importe surtout de se souvenir que les décès sont tous liés à la défaillance d’un ou de plusieurs organes vitaux.

La mort et le succès de la médecine moderne

Etonnamment, beaucoup de similitudes rapprochent la naissance et la mort. Ces deux événements sont les seuls communs à tous les êtres humains et à tous les êtres vivants. Dans les deux cas, la nature a tout prévu : elle a pris des mesures pour que les processus physiologiques se déroulent le mieux possible.

Malheureusement la mort a aussi fait l’objet d’une médicalisation croissante durant la deuxième moitié du 20e siècle. Les succès époustouflants de la chirurgie et des soins intensifs ont fait naître un sentiment de toute-puissance dans le corps médical. Si bien que la mort finit par être considérée comme une ennemie et son arrivée est ressentie comme un échec, voire une vexation narcissique.

Expériences de morts imminentes

Les expériences de «mort imminente» intriguent. Ce phénomène est régulièrement commenté depuis longtemps, mythe ou réalité ? Plus récemment, des dizaines de livres et d’innombrables articles ont été consacrés à ce sujet.

te%CC%81le%CC%81chargement-30.jpegLes comptes rendus décrivent comment, sous narcose ou dans tout autre état troublé de la conscience, le sujet a la sensation d’être arraché de son corps et de pouvoir observer la situation de l’extérieur. Les témoignages narrent assez précisément les paroles, ainsi que les faits et gestes des personnes présentes (par exemple l’équipe chirurgicale). Une image revient souvent : celle d’un tunnel au bout duquel brille une forte lumière; des sujets y reconnaissent des parents décédés ou y associent des figures religieuses. Il règne une sensation de paix et de bien-être, si bien que les témoins disent souvent avoir trouvé pénible de « revenir » dans leur corps.

Il n’est pas possible de tirer des conclusions de ces expériences. Une explication neurophysiologique plausible de ce phénomène est avancée, mais elle reste controversée. Une chose est toutefois certaine : ceux qui ont approché ainsi la mort confient que désormais ils la redoutent moins et qu’ils sont plus calmes face aux épreuves. Leurs témoignages nous invitent donc à considérer ce phénomène sous un angle positif. Car tout ce qui diminue la frayeur de la mort aide les gens à vivre.

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978-2-88915-238-4-200x300.jpgPour en savoir plus : Ce livre est une invitation à réfléchir dans le calme et sans tabou à nos priorités, nos valeurs, nos convictions et nos espoirs, si possible dans un dialogue avec les êtres qui nous sont chers. Au cours de notre existence, ces réflexions restent rares et nous nous y consacrons souvent tardivement. C’est notre liberté de prendre, ici et maintenant, le temps nécessaire à cette introspection.

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Extrait du titre Mourir
De Gian Domenico Borasio
Collection Le Savoir suisse
Publié aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR)

 

28/08/2018

La surpuissance souveraine d'Amazon

te%CC%81le%CC%81chargement-8-300x134.jpegQUARANTE-QUATRE POUR CENT DES MÉNAGES AMÉRICAINS possèdent une arme à feu et 52 % sont abonnés à Amazon Prime. Les ménages aisés sont plus susceptibles d'avoir un abonnement Amazon Prime qu'un téléphone fixe. En 2016, aux États-Unis, la moitié de la croissance totale des activités en ligne et 21 % de la croissance des ventes au détail pourrait être attribuée à Amazon. Dans les points de vente physiques, un consommateur sur quatre consulte les avis d'utilisateurs sur Amazon avant d'effectuer ses achats. Ces chiffres sont impressionnants et traduisent l'ampleur que peut avoir cette firme sur notre société. De quoi la compagnie Amazon est-elle capable ?

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Facebook, le business des données personnelles

te%CC%81le%CC%81chargement-2-3.jpegFacebook, Inc. entretient une relation profonde avec 2 milliards de personnes au quotidien. Cette firme détient trois des cinq plateformes dont le nombre d’utilisateurs a grimpé à 100 millions le plus rapidement : Facebook, WhatsApp et Instagram. Avec ce joli palmarès, et sa présence quotidienne chez une partie de l'humanité, Facebook possède un place mérité parmi les plus grands de ce monde.

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Google, l'omniscience incarnée

t%C3%A9l%C3%A9chargement.jpgGrace à Google, nous trouvons réponse à nos questions immédiatement, ce qui nous assure une forme de tranquillité. Google nous met même en évidence la meilleure réponse : voilà ce que vous devez savoir, en gros caractères, au cas où vous seriez en train de paniquer.

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APPLE, LA marque de luxe du XXIe siècle

te%CC%81le%CC%81chargement-1-2.jpegSteve Jobs est devenu le messie de l’économie de l’innovation, et sa réussite éclatante, l’iPhone, est devenue le vecteur du culte qui lui est voué, un culte élevé au-dessus des autres objets matériels ou technologies. Steve Jobs a accompli une chose importante : faire d’Apple, une entreprise ( la plus grande de tous les temps à l'heure actuelle) ayant placé la prise de risques en tête de ses choix. Retour sur ce qui a fait Apple.

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Manipulation et emprise de la Finance

t%C3%A9l%C3%A9chargement-6.jpgParler de «crise permanente» à l’heure où les médias font état d’une reprise de la croissance semble en effet paradoxal. Étonnamment, aucun d'entre eux n’a jusqu’à présent signalé le caractère artificiel de cette croissance. Or, elle repose principalement sur une explosion de la dette mondiale. Personne n’a évoqué non plus la déconnexion toujours plus importante entre la croissance et les performances des entreprises et de l’économie. Ou encore les injections permanentes et gigantesques des banques centrales dans le secteur financier afin de maintenir le fleuron bancaire à flot et d'en préserver les avantages, souvent au détriment des citoyens.

 

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Libérer du temps pour changer de vie

te%CC%81le%CC%81chargement-1-5-300x129.jpegDe nos jours la gestion de notre temps est primordial, travail, détente, famille, il n'est pas toujours facile de se libérer le temps dont nous avons besoin pour toutes les taches du quotidien. Avez vous besoin de vous libérer du temps ou du moins de mieux le gérer ? 

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Gagner du temps sur ses repas

te%CC%81le%CC%81chargement-4-5.jpegAvec une moyenne de deux heures par jour pour les repas, manger nous consomme du temps et pas des moindre. Est il possible de réduire ce temps tout en gardant un équilibre alimentaire ? 

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Comment mesure-t-on le temps ressenti?

te%CC%81le%CC%81chargement-2-4.jpeg« Nous vivons en actes, pas en années ; en pensée, pas en respiration ; dans les sentiments, pas dans les chiffres d’un cadran. Nous devons mesurer le temps aux palpitations de notre cœur. » Aristote

« Le temps. Vous pouvez le dépenser, le faire, le perdre, l’économiser, le gaspiller, le ralentir, l’accélérer, le vaincre, le garder, le maîtriser, le libérer, le tuer. »

Quel relation avons nous avec le temps ?

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Le fisc Américain ou l'organisation qui fit tomber les banques suisses

images-3.jpgIl faut méconnaître profondément la société américaine pour tenter, comme banque, d’accroître ses parts de marché en attirant de nouveaux clients par des propositions d’aide à la soustraction fiscale. Chaque année, la division criminelle du fisc américain (IRS Criminal Investigation) publie un rapport d’une cinquantaine de pages, disponible sur Internet depuis 2012, et présentant en quelque sorte les «prises de l’année». Ces dernières années, les affaires des poursuites en justice des banques Suisses et européennes ont fait coulé beaucoup d'encres.

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Trust : comprendre le montage de johnny

te%CC%81le%CC%81chargement-1-3.jpegAprès le secret bancaire, la lutte contre la fraude fiscale internationale devra avoir pour cible les trusts de dissimulation, sans quoi un pan important de la masse défiscalisée demeurera définitivement hors de portée. La stratégie sera plus complexe que pour le secret bancaire. Le trust est en effet bien plus ancien, et très ancré dans les mœurs anglo-saxonnes. « Il est pour nous, juristes anglais, presque essentiel à la civilisation » écrivait au 19e siècle le grand historien du droit anglais Maitland.

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01/09/2017

Planète, sauvetage en cours...

Ente%CC%82te-1.pngDans l’immensité de l’univers, notre Planète est le seul corps céleste connu à réunir l’ensemble des conditions permettant à la vie d’émerger et de se déployer. Et c’est dans une couche ténue, délicat interface entre Ciel et Terre, la biosphère, que peut prospérer cette vie unique, que se concentre l’incroyable foisonnement des formes végétales et animales – aujourd’hui bien fragilisé. Aujourd'hui, les enjeux sont immenses. L'Homme doit aujourd'hui faire face aux conséquences de ses activités sur son environnement qu'il n'avait pas prévues et préserver ce monde d'un chaos imminent.

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22/11/2016

Notre monde ? Faîtes vos jeux...

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02/11/2016

Filles et Garçons égaux sur les bancs de l'école ?

Entête.jpgL'égalité entre les sexes en Suisse : une révolution inachevée ? Comme d’autres pays, la Suisse vit des transformations si profondes sur le front des relations entre les sexes que certains auteurs n’hésitent pas à parler de « révolution » aussi bien à propos de l’éducation et de la formation que de la place des femmes dans les sociétés occidentales. Mais ils mettent aussi l’accent sur son incomplétude et ses limites ! Selon que l’on observe la situation actuelle en matière d’égalité entre les sexes de manière optimiste (le verre à moitié plein) ou pessimiste (à moitié vide), on peut interpréter différemment les modifications que nos sociétés connaissent depuis la seconde partie du 21e siècle.

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01/11/2016

Repenser l'immigration

Réfugiés - Europe 1.jpgSi nous pouvions tout remettre en question, devrions-nous conserver des règles du jeu migratoire similaires à celles que nous connaissons aujourd’hui ? Et sans savoir à quoi ressemble notre futur lieu de vie ou la couleur de notre passeport, devrions-nous accorder une valeur plus importante à la liberté de migrer ?

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